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<title><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></title>
<description><![CDATA[ Depuis trente ans, j’écris les lignes de la Machine. Mes fictions explorent ce qu’elle fait de nous. Techno-thrillers, science-fiction et essais sur la technologie. ]]></description>
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    <title>Mickaël Rémond</title>
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        <title><![CDATA[ L’IA est politique – Le Flow #229 ]]></title>
        <description><![CDATA[ Où je raconte comment et pourquoi j&#39;en suis venu à sous-estimer le rôle transformatif des IA génératives, et où je vous parle de Halestorm. ]]></description>
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        <category><![CDATA[ Newsletter ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>dim., 19 oct. 2025 16:47:12 +0200</pubDate>
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        <content:encoded><![CDATA[ <p>Hello les ami·es,</p><p>Ça y est, la phase de correction éditoriale de mon premier roman a démarré. J’attends encore le contrat qui devrait arriver vite, et je vous en dirai plus dès que ce sera officiel. L’essentiel&nbsp;: mon premier roman est en route pour les librairies en 2026.</p><p>En attendant, j’ai du pain sur la planche, car je souhaite aussi avancer sur le roman suivant.</p><p>Et en parallèle, j’écris plus que jamais sur la technologie et notre avenir. Mon sujet d’intérêt est la confluence de la tech et de l’humanité&nbsp;: comprendre et expliquer comment elle nous influence et nous façonne, individuellement et collectivement.</p><p>De ce point de vue, je mange mon chapeau, c’est-à-dire que je revois mon jugement sur l’essor des IA génératives. Il est tentant de les considérer comme des outils comme les autres. Pourtant, je ne pense plus qu’on puisse les traiter ainsi sans conséquence et je vous explique pourquoi dans le texte qui suit.</p><p>Bonne lecture !</p><hr><h2 id="l%E2%80%99ia-est-politique">L’IA est politique</h2><p>Il y a quelque temps j'écrivais un article dans lequel j'expliquais que l'IA n'était pas dangereuse en soi, qu'elle n'était qu'un outil comme les autres et que c'était ce que l'on en faisait qui pouvait être dangereux, pointant du doigt la démocratisation de ses usages militaires à des fins mafieuses.</p><figure class="kg-card kg-bookmark-card kg-card-hascaption"><a class="kg-bookmark-container" href="https://mickaelremond.com/blog/les-ia-sont-elles-dangereuses/"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">Les IA sont-elles dangereuses ?</div><div class="kg-bookmark-description">Comme j’ai beaucoup travaillé sur les IA, comme j’ai écrit de la science-fiction sur ce sujet, on me demande souvent mon avis. Parmi les questions qui reviennent, celle sur la possible dangerosité pour l’homme est récurrente. Et on comprend pourquoi. Depuis l’essor des IAs génératives, les</div><div class="kg-bookmark-metadata"><img class="kg-bookmark-icon" src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/icon/9707CD32-7D3B-4EE0-A380-4A213F4940B3_1_105_c-3.jpeg" alt=""><span class="kg-bookmark-author">Mickaël Rémond</span><span class="kg-bookmark-publisher">Mickaël Rémond</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/thumbnail/daniil-perunov-4U9bkwGdQ94-unsplash.jpg" alt="" onerror="this.style.display = 'none'"></div></a><figcaption><p><span style="white-space: pre-wrap;">Les IA sont-elles dangereuses ? (6 octobre 2023)</span></p></figcaption></figure><p>Eh bien figurez-vous que j'ai sous-estimé l'impact des algorithmes sur la société. Peut-être parce que je n'ai pas anticipé cette ruée vers le déploiement massif de l'ensemble de techniques qu'on appelle Intelligence artificielle aujourd'hui ? Peut-être ai-je péché par optimisme en pensant que le respect des droits d'auteurs renchérirait le coût de mise en œuvre de&nbsp;<em>Large Language Models (LLM)</em>&nbsp;? Je comprends maintenant que ce ne sera pas le cas, en tout cas, pas sans un âpre combat pour la mise en œuvre d'un modèle économique viable pour les artistes.</p><figure class="kg-card kg-bookmark-card kg-card-hascaption"><a class="kg-bookmark-container" href="https://mickaelremond.com/blog/la-bataille-de-lia-se-joue-dans-la-loi-et-les-tribunaux/"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">La bataille de l’IA se joue dans la loi et les tribunaux</div><div class="kg-bookmark-description">Où pourquoi il faut imposer aux sociétés gérant des modèles IA le respect absolu du droit d’auteur</div><div class="kg-bookmark-metadata"><img class="kg-bookmark-icon" src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/icon/9707CD32-7D3B-4EE0-A380-4A213F4940B3_1_105_c-4.jpeg" alt=""><span class="kg-bookmark-author">Mickaël Rémond</span><span class="kg-bookmark-publisher">Mickaël Rémond</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/thumbnail/photo-1589994965851-a8f479c573a9" alt="" onerror="this.style.display = 'none'"></div></a><figcaption><p><span style="white-space: pre-wrap;">La bataille de l’IA se joue dans la loi et les tribunaux (20 juin 2025)</span></p></figcaption></figure><h3 id="une-histoire-d%E2%80%99automatisation">Une histoire d’automatisation</h3><p>Prenons un peu de recul et replaçons le mouvement dans la perspective historique des transformations de ces trois cents dernières années. Une forme de capitalisme s'est imposée un peu partout sur la planète, avec une logique de productivité et d'économies d'échelle qui a motivé les grandes phases d'automatisation de la production.</p><p>Nos sociétés ont mécanisé l'agriculture, puis robotisé l'industrie. L'essor de l'usage des algorithmes vise désormais à automatiser la production du secteur tertiaire. L'automatisation des tâches de bureau, amorcée dans les années 1960, pourrait désormais s'appliquer à une large part du secteur tertiaire. Vu de 2025, tout cela ressemble à une tendance de fond qui se déploie en un mouvement continu.</p><p>La Révolution numérique, devenue l'« ère de l'information », ne cesse de s'approfondir pour devenir depuis 2020 l'« ère des algorithmes ». Chaque « révolution » de l'automatisation d'un secteur a eu de larges conséquences et a redessiné l'ensemble des équilibres sociaux. Pourquoi celle-ci, celle du tertiaire, ferait exception ?</p><h3 id="o%C3%B9-sont-les-r%C3%A9serves-demploi">Où sont les réserves d'emploi ?</h3><p>L'exode rural se faisait au profit des emplois manufacturiers. La robotisation de l'industrie était compensée par les emplois créés dans le secteur tertiaire. Il y avait bien sûr des drames personnels, mais les mouvements d'ensemble sur une génération d'un type d'emploi vers un autre étaient clairs. En se développant, les économies transfèrent l'emploi du secteur primaire, au secteur secondaire, le secteur industriel, puis du secteur secondaire au tertiaire.</p><p>Avec les perspectives d'automatisation ouvertes par les algorithmes, nous entrons dans une dernière phase décisive.</p><!--members-only--><p>Quel est le secteur de l'emploi de demain ? Va-t-on voir croître très fortement ce qu'on a appelé le secteur quaternaire, la couche à haute valeur ajoutée du tertiaire, le secteur du travail de la connaissance, dans une concentration ultime des emplois ?</p><p>Je ne pense pas, du moins pas massivement. C'est un secteur à forte valeur ajoutée, mais qui demande des efforts collectifs massifs dans l'éducation, un investissement que peu de pays ont choisi de faire. Et surtout, les algorithmes pourraient être capables d'automatiser également une large partie de ces emplois, voire peut-être ceux-là en priorité.</p><p>Alors, où sont les réserves d'emploi ?</p><p>Pour rassurer face à la progression de l'IA, et au changement que l'on commence à percevoir, les défenseurs de l'IA s'en réfèrent à l'histoire. En substance, la société a déjà évolué de multiples fois. Par exemple, l'électricité a fait disparaître les allumeurs de réverbères, mais d'autres métiers sont apparus. Il en sera de même avec la vague d'automatisation du tertiaire. Ces optimistes sont cependant bien en peine de citer des exemples concrets de futurs emplois. Il serait encore trop tôt pour se projeter avec certitude, disent-ils.</p><p>Pourtant, cette fois, les réserves d'emploi qui avaient servi de ballon d'oxygène durant les précédentes automatisations de masse, semblent plus mystérieuses.</p><p>Les États-Unis de Donald Trump anticipent le problème et tentent de réindustrialiser le pays à coup de taxes et de démonstration de force (j'avoue qu'il est aussi possible que ce soit juste de l'orgueil). Cette fois seulement, même s'il y parvenait, ce serait sur un mode opératoire extrêmement robotisé, qui ne pourrait pas créer assez d'emplois pour compenser les transformations à l'œuvre. Rappelez-vous, la mécanisation a déjà transformé le secteur secondaire.</p><h3 id="les-algos-un-outil-comme-les-autres">Les algos, un outil comme les autres ?</h3><p>Personne ne sait quel va être l'impact réel de ce monde algorithmique qu'on nous dessine.</p><p>Il est possible que la contrainte énergétique casse ce mouvement, comme il est possible que la bulle financière autour de l'émergence des IA explose et entraîne la plupart des acteurs dans la faillite (avec, selon Cory Doctorow, une bonne partie de notre système financier : <a href="https://pluralistic.net/2025/10/16/post-ai-ai/?ref=mickaelremond.com#productive-residue" rel="noreferrer">« The AI that we'll have after AI »</a>).</p><p>En attendant, on rassure, car sans réserve d'emploi pour demain, on reste face à l'inconnu. L'emploi est au cœur du contrat social qui fait tenir le système capitaliste qui régit notre monde. Ce sont les termes du deal : l'ordre et la stabilité contre le confort et l'emploi de chacun. Il faut donc rassurer sur l'emploi pour que le système tienne.</p><p>Alors, on minimise l'impact de l'IA. L'autre argument en faveur des algorithmes serait qu'ils ne seraient qu'un outil comme les autres. Ils sont là pour nous simplifier la vie. À nous d'apprendre à les utiliser et les intégrer dans nos vie.</p><p>Est-ce une réalité ? Une partie de moi a envie de le croire, tandis qu'une autre doute désormais réellement que les algorithmes au cœur de la nouvelle vague d'automatisation constituent un simple outil comme les autres.</p><p>Nous avons vu que d'un point de vue économique, cela n'était pas le cas. Les algorithmes participent d'une démarche d'automatisation qui transforme la société.</p><p>Plus encore, les IA génératives ne sont pas des outils comme les autres, car elles modifient notre cognition.</p><p>Elles participent à la production de textes, de posts, d'images, d'articles, dans un volume que notre cerveau n'a jamais été prêt à gérer, même si notre capacité de traitement et de filtrage sensorielle est immense.</p><h3 id="sous-linfluence-du-marchand-de-sable">Sous l'influence du marchand de sable</h3><p>Les IA nous saturent, nous font douter, nous éblouissent.</p><p>L'IA impressionne par ses résultats qui ont l'apparence de l'autorité, mais qui souvent ne résistent pas à un examen attentif. Lorsque l'on confie des idées à l'IA pour qu'elle les mette en forme, elle produit un texte avec une apparence brillante, mais si l'on n'y prend pas garde, si on se laisse aveugler par les belles phrases et le plaisir d'y retrouver ses propres idées, on peut manquer le fait que, fort souvent, le texte est creux, erroné, voire n'a carrément ni queue ni tête en fournissant les éléments dans un ordre qui n'est pas logique.</p><p>L'IA fait de belles démos, elle suscite de l'empathie, nous donne ce que l'on veut entendre, mais elle produit, en pratique et sur la durée, beaucoup d'illusion. Et c'est normal quand on pense à son pur fonctionnement statistique. Ça marche sur des opérations simples. Dès qu'on introduit de la complexité, l'illusion se dissipe.</p><p>Aujourd'hui, l'IA est comme le marchand de sable. Elle nous balance de la poudre aux yeux, au risque de collectivement réussir à nous endormir. Les résultats vont progresser à mesure que l'on parviendra à découper les tâches complexes en opérations plus atomiques, que l'on pourra en retour assembler pour parvenir à un résultat plus convaincant. Notre capacité à contourner ses limites, notre propre logique sera la matrice qui permettra aux algorithmes de grandir.</p><p>Mais, au-delà du résultat, de la poudre aux yeux et des progrès que nous pourrons la guider à accomplir, l'ère des algorithmes nous fait entrer dans un combat qui se joue, pour l'instant, à notre insu. Dans ce jeu d'illusion, les algorithmes ne sont pas neutres et sélectionnent ce que nous regardons, les contenus que nous absorbons. Nous les modifions et ils nous modifient en retour.</p><h3 id="biais-dautomatisation">Biais d'automatisation</h3><p>L'IA anesthésie l'esprit critique. Notre cerveau très consommateur en énergie, a un objectif principal, nous maintenir en vie. Pour le reste, s'il peut s'économiser, il n'hésitera pas à prendre des raccourcis.</p><p>Dans cette perspective, les algorithmes nous habituent à fonctionner en pilote automatique, poussé par les moteurs de recommandations, les playlists qui s'adaptent dynamiquement à leur interprétation de nos goûts (et des intérêts de la plate-forme), et les flux algorithmiques, nous entraine à relacher notre vigilance. Alors on finit par leur faire confiance et à se reposer sur eux. C'est ce qu'on appelle le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_d'automatisation?ref=mickaelremond.com" rel="noreferrer">biais d'automatisation</a>.</p><p>Ce biais est particulièrement inquiétant dans les secteurs critiques, dans lesquels des vies humaines sont en jeu, mais qui concerne beaucoup de professions, des avocats aux traducteurs.</p><figure class="kg-card kg-bookmark-card"><a class="kg-bookmark-container" href="https://www.circuitmagazine.org/dossier/contrer-le-biais-d-automatisation?ref=mickaelremond.com"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">Contrer le biais d’automatisation - Ottiaq</div><div class="kg-bookmark-description">Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec</div><div class="kg-bookmark-metadata"><img class="kg-bookmark-icon" src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/icon/favicon.ico" alt=""><span class="kg-bookmark-author">Ottiaq</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/thumbnail/arrow.png" alt="" onerror="this.style.display = 'none'"></div></a></figure><h3 id="on-ne-peut-se-soustraire-%C3%A0-lia">On ne peut se soustraire à l'IA</h3><p>Et le pire ?</p><p>On peut ignorer l'IA, la mépriser, ignorer le mouvement, refuser de l'utiliser, pointer du doigt ceux qui l'utilisent, parfois à mauvais escient. Ce sont des réactions valides, une forme d'indignation qui pousse à agir.</p><p>Pourtant, croire qu'on peut échapper à ce monde d'intelligences artificielles qui émerge est une illusion.&nbsp;</p><p>Lorsque d'autres s'en servent pour écrire des mails, créer des articles, générer des images et des vidéos, prendre des décisions et modeler les organisations et les systèmes qui nous entourent, pour façonner la société, nous en subissons tous les conséquences.</p><p>Malgré nous, les algorithmes se développent, le marché de l'emploi se transforme, le paysage de l'information se redessine, les codes sociaux évoluent.</p><p>Et donc l'IA ne peut pas se résumer à un choix simple, personnel.</p><p>L'IA trace les contours d'un basculement politique qui détermine l'avenir de nos sociétés.</p><p>C'est une mutation collective qui nous concerne tous, qu'on décide de l'utiliser ou pas.</p><figure class="kg-card kg-bookmark-card kg-card-hascaption"><a class="kg-bookmark-container" href="https://mickaelremond.com/newsletter/linfluence-pervasive-des-algorithmes-le-flow-228/"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">L’influence pervasive des algorithmes – Le Flow #228</div><div class="kg-bookmark-description">Où je vous partage mes pensées de la semaine sur l’IA et où je vous parle de Gaël Faye.</div><div class="kg-bookmark-metadata"><img class="kg-bookmark-icon" src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/icon/9707CD32-7D3B-4EE0-A380-4A213F4940B3_1_105_c-5.jpeg" alt=""><span class="kg-bookmark-author">Mickaël Rémond</span><span class="kg-bookmark-publisher">Mickaël Rémond</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/thumbnail/photo-site-smaller-1-2.jpg" alt="" onerror="this.style.display = 'none'"></div></a><figcaption><p><span style="white-space: pre-wrap;">L'influence pervasive des algorithmes (7 septembre 2025)</span></p></figcaption></figure><h2 id="lia-est-politique">L'IA est politique</h2><p>Alors, si l'on accepte finalement que l'IA soit irrémédiablement dans notre environnement comme dans l'air qu'on respire, comment lutter pour défendre notre humanité ?</p><p>Une première réponse se trouve dans l'art, dans les rencontres, les échanges réels, dans la réflexion collective et le débat. L'émergence d'une société des IA nous pousse vers un retour au réel, au local et aux communautés physiques.</p><p>Surtout, il faut admettre que le sujet de l'IA est politique.</p><p>Marc Andreessen déclarait en 2011 que le logiciel mangeait le monde.</p><figure class="kg-card kg-bookmark-card kg-card-hascaption"><a class="kg-bookmark-container" href="https://a16z.com/why-software-is-eating-the-world/?ref=mickaelremond.com"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">Why Software Is Eating the World | Andreessen Horowitz</div><div class="kg-bookmark-description">Software is eating the world. More than 10 years after the peak of the 1990s dot-com bubble, a dozen or so new Internet companies like Facebook and Twitter are sparking controversy in Silicon Valley, due to their rapidly growing private market valuations, and even the occasional successful IPO. With scars from the heyday of Webvan…</div><div class="kg-bookmark-metadata"><img class="kg-bookmark-icon" src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/icon/Favicon--E2-80-94-180x180px.png" alt=""><span class="kg-bookmark-author">Andreessen Horowitz</span><span class="kg-bookmark-publisher">Marc Andreessen</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/thumbnail/Software_is_Eating_the_World_10_Year_Twitter.jpg" alt="" onerror="this.style.display = 'none'"></div></a><figcaption><p><span style="white-space: pre-wrap;">Why Software Is Eating the World (20 août 2011)</span></p></figcaption></figure><p>En généralisant, nous voyons que c'est l'automatisation qui grignote notre monde.</p><p>Alors, poussons la logique algorithmique à l'extrême.</p><p><strong>Admettons que l'intégralité de nos activités puisse être automatisée.</strong></p><p>Sous ce postulat, le contrat social ne peut que se restructurer autour d'une seule question :&nbsp;<strong>Qu'est-ce qu'il est souhaitable, bénéfique ou tolérable d'automatiser ?</strong></p><p><strong>En d'autres termes:</strong></p><p>Quelle est notre conception du&nbsp;<strong>domaine réservé des humains ?</strong></p><p>La frontière entre l'humain et la machine n'est plus alors une barrière technique, mais un choix.</p><p>C'est à nous de définir cette frontière entre humains et machines.</p><p>Face aux changements que nous vivons, la confusion politique atteint un paroxysme.</p><p>Et je crois que dans ce brouillard, c'est cette ligne qui va définir la nouvelle frontière du spectre politique, la ligne de clivage entre gauche et droite, entre progressisme et conservatisme.</p><p>Qu'est-ce qu'il est acceptable d'automatiser et qu'est-ce qui doit rester du domaine de l'humain ?</p><p>De cette question peut découler une clarification nécessaire, des oppositions plus claires et refaçonner le paysage politique pour enfin travailler à façonner la société dans laquelle nous vivrons demain.</p><p>Sous la pression constante de l'automatisation, les grands changements sociétaux de l'histoire deviennent toujours des questions politiques.</p><p>Il est temps d'admettre que l'IA est politique.</p><hr><h2 id="la-dose-de-flow">La dose de Flow</h2><h3 id="musique">Musique</h3><p>Ma fille m'avait fait découvrir le groupe Halestorm avec leur reprise rock de&nbsp;<em>Bad Romance</em>. C'était au moment de la sortie de leur dernier album,&nbsp;<em>Everest</em>. Je l'ai écouté et cela a été un coup de cœur. La chanteuse Lzzy Hale déploie sa voix rocailleuse sur des morceaux mélodiques aux nuances metal un peu rétro.</p><p>J'ai choisi de vous partager le titre <em>Like A Woman Can</em>, un morceau qui met en valeur toute la palette vocale de la chanteuse. Elle m'évoque Beth Gibbons de Portishead.</p><figure class="kg-card kg-embed-card"><iframe width="200" height="113" src="https://www.youtube.com/embed/KGWTl6g7fm8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen="" title="Halestorm - Like A Woman Can (Official Video)"></iframe></figure><h2 id="%C3%A0-suivre">À suivre</h2><p>Mon premier roman est en route pour 2026. Je vous en reparle dès que c'est signé.</p><p>En attendant, je continue d'écrire sur notre avenir commun avec les machines.</p><p>Je vous souhaite une merveilleuse semaine !</p><p>— mikl 🙏</p> ]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
        <title><![CDATA[ L’influence pervasive des algorithmes – Le Flow #228 ]]></title>
        <description><![CDATA[ Où je vous partage mes pensées de la semaine sur l’IA et où je vous parle de Gaël Faye. ]]></description>
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        <category><![CDATA[ Newsletter ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>dim., 07 sept. 2025 17:52:50 +0200</pubDate>
        
        <content:encoded><![CDATA[ <p>Hello les ami·es,</p><p>Je suis de retour de vacances, après une longue pause de cette lettre. Aucune idée encore de la fréquence que je vais pouvoir maintenir, car la phase de correction éditoriale de mon premier roman va bientôt commencer. Je vous en dirais plus dès que tout sera officiel.</p><p>En attendant, je mange mon chapeau et je revois mon jugement sur l’essor des algorithmes. Il est tentant de considérer les IA génératives comme des outils comme les autres. Non seulement ce n’est pas le cas, j’y reviendrai dans un prochain article, mais le pire est qu’il est impossible d’y échapper.</p><p>Voici en quelques points mes dernières inspirations sur les transformations induites à l'ère des algorithmes.</p><p>Bonne lecture !</p><hr><h2 id="l%E2%80%99influence-pervasive-des-algorithmes">L’influence pervasive des algorithmes</h2><p>On les appelle pour le grand public des Intelligences Artificielles (IA). Les algorithmes effraient. C’est pour cela qu’on en parle autant.</p><!--members-only--><p>À mesure que leur usage se répand, on espère garder le contrôle. On se rassure en se répétant que subir l’influence des algorithmes est un choix personnel. On veut croire qu’on peut s’y soustraire si on le souhaite.</p><ul><li>Consommer une production algorithmique n’est (hélas) pas uniquement un choix personnel. L’usage des LLM dans les interactions sociales ou la rédaction d’articles, de textes, de vidéos, de musiques, nous conduit à être confrontés à des productions algorithmiques sans le savoir, via un mail ou en écoutant une musique créée par une machine sur Spotify. Les moteurs de recommandation de tous les sites marchands sont algorithmiques, comme les publicités qui nous ciblent. Il en va de même pour les épisodes que Netflix vous suggère.</li><li>On peut comparer l’usage des algorithmes aux Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). Un champ d’OGM peut, par le mécanisme de pollinisation, se mélanger avec les cultures du champ voisin. C’est pareil pour les algorithmes. Leur usage par une partie de la population implique que les conséquences s’étendent indirectement à l’ensemble de la population. Les algorithmes menacent d’imposer leur réalité de manière ambiante et pervasive, qu’on en soit un utilisateur direct ou pas.</li><li>Puisqu’on ne peut échapper aux algorithmes, nous sommes contraints d’aiguiser notre esprit critique pour en débusquer les travers et les erreurs. L’IA endort la vigilance et produit des textes qui&nbsp;<em>paraissent</em>&nbsp;cohérents. Si l’on ne veut pas abdiquer face à la machine, il faut être capable de développer son intuition pour sentir que quelque chose sonne faux dans un texte ou un argumentaire. L’éducation est non seulement plus que jamais nécessaire aujourd’hui, mais elle doit se concentrer sur l’analyse et la pensée, pas seulement le calcul et l’expression. Et en bonus, c’est aussi une compétence très utile face aux complotistes et aux détracteurs de la science.</li><li>Travailler son intuition, développer son sens critique, implique de comprendre comment fonctionnent les algorithmes, ce dont ils sont capables, de savoir là où ils échouent, etc. Comprendre n’est pas cautionner, c’est un moyen de résister à l’immixtion indirecte et non sollicitée de la production algorithmique dans nos vies. C’est d’autant plus indispensable que les capacités de dialogue des algorithmes peuvent déclencher une empathie tout humaine chez leurs interlocuteurs. Si l’on ne comprend pas leur fonctionnement, il est difficile de garder en tête qu’ils n’ont pas d’émotions et de maintenir une distance empathique pour éviter ce que les chercheurs ont appelé l’« effet ELIZA », du nom du premier bot avec lequel certains ont interagi comme s’il était humain.</li></ul><p>Notre exposition aux algorithmes ne résulte pas d’un choix individuel, mais d’un choix de société. J’en explorerai les conséquences dans un prochain article.</p><p>Si vous voulez répondre à ce mail pour partager quelques mots sur votre rapport personnel aux algorithmes, cela pourrait m’aider à affiner mes idées dans le texte à venir.</p><hr><h2 id="la-dose-de-flow">La dose de Flow</h2><h3 id="musique">Musique</h3><p>Je me trouvais à Épinal pour les festivals des Imaginales quand ce concert a eu lieu et j’étais très déçu de l’avoir raté.</p><p>L’excellente chaîne ARTE Concert vient de publier l’enregistrement du concert de Gaël Faye au Louvre. J’ai pu donc l’écouter. C’est une merveille de douceur et d’intelligence.</p><figure class="kg-card kg-embed-card"><iframe width="200" height="113" src="https://www.youtube.com/embed/ndYv5-QYI0s?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen="" title="Gaël Faye, live at the Musée du Louvre - ARTE Concert"></iframe></figure><h2 id="%C3%A0-suivre">À suivre</h2><p>J’ai repris le travail sur mon prochain roman en attendant de me lancer sur le travail éditorial pour le premier. J’ai repris l’écriture de manière plus intense et cela fait un bien fou.</p><p>J’espère pouvoir vous parler de tout ça dans une prochaine lettre.</p><p>En attendant, je vous souhaite une merveilleuse semaine !</p><p>— mikl 🙏</p> ]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
        <title><![CDATA[ La bataille de l’IA se joue dans la loi et les tribunaux ]]></title>
        <description><![CDATA[ Pourquoi il faut imposer aux sociétés gérant des modèles IA le respect absolu du droit d’auteur ]]></description>
        <link>https://mickaelremond.com/blog/la-bataille-de-lia-se-joue-dans-la-loi-et-les-tribunaux/</link>
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        <category><![CDATA[ Tech ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>ven., 20 juin 2025 15:50:24 +0200</pubDate>
        <media:content url="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/2026/08/couverture-la-bataille-de-lia-se-joue-dans-la-loi-et-les-tribunaux.jpg" medium="image"/>
        <content:encoded><![CDATA[ <p>L’IA a émergé après la vague du <em>Cloud Computing</em> et la naissance d’un Internet centralisé, hyper concentré, dominé par quelques acteurs. Pourquoi&nbsp;? Parce que la valeur d’un service IA repose sur l’accumulation de données avec lesquelles son modèle est entraîné.</p><p>L’IA de Google prend de l’avance, car elle est entraînée avec les millions de vidéos Youtube à sa disposition. Cela donne VEO&nbsp;3, une IA générative qui a plusieurs mois d’avance sur sa concurrence en termes de génération de vidéos.</p><p>Et lorsque ces sociétés ne disposent pas de données suffisantes, il est difficile de résister à la tentation d’acquérir illégalement ces contenus. En février 2025, Meta a admis avoir piraté des centaines de milliers de livres, 82&nbsp;To de textes, pour entraîner son <em>Large Language Model</em> (LLM).</p><figure class="kg-card kg-bookmark-card"><a class="kg-bookmark-container" href="https://authorsguild.org/news/meta-libgen-ai-training-book-heist-what-authors-need-to-know/?ref=mickaelremond.com"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">Meta’s Massive AI Training Book Heist: What Authors Need to Know - The Authors Guild</div><div class="kg-bookmark-description">Today, The Atlantic published a search tool that allows authors to check if their works are in LibGen, an illegal pirate site AI companies copied for their AI systems. This is a similar tool to the one that journalist Alex […]</div><div class="kg-bookmark-metadata"><img class="kg-bookmark-icon" src="https://static.ghost.org/v5.0.0/images/link-icon.svg" alt=""><span class="kg-bookmark-author">The Authors Guild</span><span class="kg-bookmark-publisher">Human Authored TM</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/thumbnail/LibGen-Rectangle-FINALFINAL.jpg" alt="" onerror="this.style.display = 'none'"></div></a></figure><p>La guerre de l’IA se joue sur l’accès au plus grand nombre possible de ressources pour son entraînement. Évidemment, cette acquisition de contenus ne devrait pas s’abstraire du cadre légal. On en arrive donc à la question de la défense du droit d’auteur et de la valeur monétaire que l’on accorde aux ayants droit dans le processus de création et d’utilisation de ces modèles. Une réflexion nécessaire et urgente, car le cadre légal nécessite une adaptation rapide à un paysage technologique en pleine transformation.</p><p>Car il faut l’avouer, on ne sait pas vraiment aujourd’hui comment appliquer les règles existantes rémunérant la propriété intellectuelle face à l’émergence rapide des IA. La réponse à cette question est critique et devrait être au cœur des réflexions, puisqu’elle détermine tout le modèle économique des services d’IAs générative.</p><p>J’ai déjà écrit sur le sujet et avancée que les modèles économiques actuels pour la plupart de ces services ne seraient pas viables si les auteurs étaient rémunérés de manière juste et équitable&nbsp;:</p><blockquote>La vague de l’IA risque donc de se briser sur la digue des enjeux financiers liés au respect des droits d’auteur – et à la désillusion face aux réelles capacités de ces outils dans un futur proche.<br>–&nbsp;Mickaël Rémond, <a href="https://mickaelremond.com/blog/ces-modeles-quon-appelle-ia/">Ces modèles qu’on appelle IA</a></blockquote><p>Et il semble que tous les acteurs qui comptent dans le domaine de l’IA ont bien compris ce point&nbsp;: le futur de l’IA se joue dans l’existence ou non de régulations favorisant le respect des droits d’auteurs et encadrant les conditions d’entraînement des modèles d’intelligence artificielle.</p><p>Mais si ce point est clair pour tous, il reste encore à voir si les différents gouvernements sont véritablement disposés à prendre leur responsabilité en limitant la boulimie de contenus des grandes entreprises et en défendant le poids et la place des auteurs de contenus utilisés dans l’entraînement des LLM.</p><p>D’un côté des procès contre des entreprises d’IA naissent un peu partout sur la planète, comme en France, où Meta est poursuivi pour atteinte aux droits d’auteurs, de l’autre, certains gouvernements visent à protéger les entreprises et leur laisser le champ libre.</p><p>Le 13&nbsp;novembre 2024, Shira PERLMUTTER témoignait en son rôle de directrice du bureau américain des droits d’auteurs à la sous-commission de la propriété intellectuelle du Sénat. Quelques mois plus tard, quand elle publie son rapport remettant en question l’utilisation de contenus protégés par le droit d’auteur pour entraîner les modèles d’IA, elle reçoit la nouvelle de son licenciement par l’administration Trump.</p><figure class="kg-card kg-bookmark-card"><a class="kg-bookmark-container" href="https://www.wgaeast.org/statement-on-the-firing-of-shira-perlmutter-and-the-release-of-the-u-s-copyright-offices-report-on-generative-ai-training/?ref=mickaelremond.com"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">Statement on the Firing of Shira Perlmutter and the Release of the U.S. Copyright Office’s Report on Generative AI Training | Press Room</div><div class="kg-bookmark-description">“The Guild demands the immediate reinstatement of Perlmutter as she is an employee of the legislative branch and the executive branch had no authority to fire her in the first place. We stand with Perlmutter and the U.S. Copyright Office in their fight against the theft of copyrighted works.”</div><div class="kg-bookmark-metadata"><img class="kg-bookmark-icon" src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/icon/wgae-small-300x300.jpg" alt=""><span class="kg-bookmark-author">Writers Guild of America</span><span class="kg-bookmark-publisher">Jason Gordon</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/thumbnail/yoastseologo_twitter.png" alt="" onerror="this.style.display = 'none'"></div></a></figure><p>Et maintenant, le projet de loi massif et chouchou de Trump, celui qu’il essaye de faire passer tant bien que mal aux États-Unis, contient, entre autres, un moratoire de 10&nbsp;ans sur les lois visant à réguler l’IA. Une mesure critiquée comme incroyablement imprudente par certains, y compris venant du camp présidentiel, qui y voient un précédent dangereux.</p><figure class="kg-card kg-bookmark-card"><a class="kg-bookmark-container" href="https://www.techpolicy.press/us-house-passes-10year-moratorium-on-state-ai-laws/?ref=mickaelremond.com"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">US House Passes 10-Year Moratorium on State AI Laws | TechPolicy.Press</div><div class="kg-bookmark-description">The US House advanced a 10-year pause on state AI regulation, but its fate is uncertain in the Senate.</div><div class="kg-bookmark-metadata"><img class="kg-bookmark-icon" src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/icon/9a2224d300c1699fc1b87235aac36318e2c76cec-867x867.png" alt=""><span class="kg-bookmark-author">Tech Policy Press</span><span class="kg-bookmark-publisher">Justin Hendrix, Cristiano Lima-Strong</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/thumbnail/80b045330146d3f9a59d0063b35f6d0c72e5ce5a-1200x675.png" alt="" onerror="this.style.display = 'none'"></div></a></figure><p>Autre exemple, de notre côté de l’Atlantique, le gouvernement anglais a annoncé son intention d’inclure une exception aux droits d’auteur dans la loi pour l’entraînement des modèles IA à des fins commerciales, ce qui a suscité des réactions négatives de la part du public et de différents artistes comme Paul McCartney.</p><blockquote>«&nbsp;Si vous présentez un projet de loi, assurez-vous de protéger les penseurs et les artistes, sinon vous ne les aurez pas de votre côté. Nous sommes le peuple, vous êtes le gouvernement. Vous êtes censés nous protéger. C’est votre travail.&nbsp;» Paul McCartney – <a href="https://www.bbc.com/news/articles/c8xqv9g8442o?ref=mickaelremond.com">BBC interview</a></blockquote><p>En effet, du côté des créateurs, la peur commence à s’installer. Et en ligne, cette dernière prend le dessus sur la conversation. Certains auteurs avec une position plus nuancée et mesurée sont amenés à devoir défendre leur position à leur audience. Comme R.J. Bennett, auteur mais aussi développeur, qui prend la parole sur Instagram. Sa position unique fait de lui quelqu’un qui comprend bien la technologie derrière les LLM et peut avoir un avis technique mesuré et éclairé sur les IA tout en dénonçant les escroqueries autour des LLMs et des sociétés qui les exploitent.</p><p>Il a ressenti le besoin de réaliser une vidéo pour répondre à l’accusation d’utiliser l’IA pour ses écrits créatifs et ses romans. Ces accusations ont été formulées après qu’il a défendu l’utilisation de l’IA pour la rédaction administrative, comme la rédaction d’e-mails ou pour générer une étincelle créative.</p><blockquote>«&nbsp;You post on the internet, fire off a bunch of posts and run your mouth, you are going to take some lumps&nbsp;» R. J. Benett – <a href="https://www.instagram.com/reel/DJmfWpcp2JU/?ref=mickaelremond.com">Instagram</a></blockquote><p>Alors que l’incertitude grandit pour les personnes qui tentent de vivre de leur créativité, il semble obligatoire pour ceux qui disposent d’une plateforme en ligne d’adopter une position sur l’IA. Et entre les anti-AI purs et durs et ceux qui vivent et meurent par l’IA, le discours est certainement polarisé.</p><p>Mais, maintenant que cette position anti-droit d’auteur est défendue au plus haut niveau de l’État américain, il semble plus facile de tirer sur le messager que de s’attaquer aux vices dans le système. Comme avec toute nouvelle technologie, le cadre légal devra être adapté.</p><p>Si nous voulons que les cas d’usage légitimes des IAs puissent émerger, ce sont aux cas non légitimes qu’il faut s’attaquer. Il faut donc faire preuve de discernement pour comprendre comment fonctionnent les modèles, où se trouve la valeur dans la chaîne et comment la répartir de manière équilibrée.</p><p>Si l’IA est une commodité, alors la valeur reste dans la protection des savoirs, des connaissances qui lui donnent vie. C’est ce qui va permettre le tri dans les usages de l’IA. Pourrait être considérée légitime, par exemple, l’utilisation d’IA entraînée avec ses propres données, ou de données d’imagerie médicale mise en commun dans une démarche d’Open Science.</p><p>Pourtant, si l’on cède sur les droits d’auteurs, sous couvert d’une forme de <em>fair use</em> accordé aux exploiteurs d’IA, on abandonne le terrain du savoir et de l’humanité à la même logique déployée par ceux qui surexploite les ressources naturelles de la Terre.</p><p>De la même manière que la pêche de masse aux longs filets dérivants a été interdite pour son impact environnemental, l’IA doit être surveillée et régulée, non pas pour le danger immédiat qu’elle ferait peser sur la survie de l’humanité, mais plus prosaïquement pour protéger et défendre les créateurs.</p><p>Les sociétés qui opèrent les IA ne peuvent pas simplement et par eux-mêmes revendiquer un usage juste, tout en s’appropriant sans contrepartie le travail d’autrui.</p><p>La bataille de l’IA se joue dans la loi et les tribunaux… Et c’est maintenant qu’il faut se mobiliser, si l’on veut défendre la création, le savoir et l’humanité, non pas contre les IA, qui ont des usages légitimes, mais contre les sociétés prédatrices qui volent les artistes.</p> ]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
        <title><![CDATA[ L’écriture est un sport de combat – Le Flow #227 ]]></title>
        <description><![CDATA[ Où je vous parle de Krav Maga (ou pas), et de Marcin. ]]></description>
        <link>https://mickaelremond.com/newsletter/le-flow-227/</link>
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        <category><![CDATA[ Newsletter ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>dim., 08 juin 2025 18:24:14 +0200</pubDate>
        <media:content url="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/2026/08/couverture-le-flow-227.jpg" medium="image"/>
        <content:encoded><![CDATA[ <p>Hello les ami·es,</p><p>Si je détourne le titre de l’ouvrage de Pierre Bourdieu, « La sociologie est un sport de combat », c’est qu’il y a de ça dans l’écriture, mais non pas comme le sous-entendais Pierre Bourdieu, contre un « ennemi » dont il faudrait démontrer les actions. L’écriture est une lutte pour progresser sur un chemin ardu et long. Tellement long, qu’on ne peut en apercevoir la fin. C’est un sport, oui, et si combat il y a, il n’a n’a rien à voir avec la mythologique peur de la page blanche, qui n’existe pas vraiment. L’écriture est un combat intérieur et personnel. C’est une bataille d’une vie.</p><p>Pour Steven Pressfield, c’est le combat de deux forces en nous, l’artiste face à la « résistance », cette petite voix, toujours là, qui cherche à nous détourner de l’essentiel, à nous rabaisser, à nous faire renoncer. Nous entendons tous la même voix dès lors que l’on entreprend quelque chose d’important.</p><p>Car se poser et écrire n’est pas si difficile, non ?</p><p>Une fois.</p><p>Car écrire est surtout difficile sur le long terme.</p><p>Lorsqu’il faut se poser régulièrement devant son clavier et persévérer malgré tout.</p><p>Malgré nous.</p><p>Malgré la résistance.</p><p>Il faut persévérer pour parvenir à terminer son premier texte, fût-ce une nouvelle.</p><p>Il faut persévérer pour terminer un roman, heurter des murs alors qu’on cherche son chemin dans le labyrinthe de nos pensées à la recherche de ce qu’on cherche à accomplir, sans plus savoir pourquoi.</p><p>Et puis recommencer. Un deuxième roman, un troisième… À chaque étape, il faut refaire le pari de la persévérance.</p><p>Dépasser les doutes qui ne s’effacent jamais vraiment, car on ne peut finalement juger de son travail qu’une fois le texte réellement terminé.</p><p>Le plus dur, c’est ce flou tenace qui nous accompagne. À explorer des terres vierges, on voyage sans carte. On ne sait jamais si ce qu’on fait tiendra vraiment debout avant d’avoir terminé le texte. Alors, on reçoit des retours, des avis. Longtemps après, après tant d’énergie investie dans le projet. Et ces retours sont souvent tranchés et contradictoires.</p><p>Mon amie Sylvie Poulain parlait justement de ces difficultés dans sa newsletter&nbsp;:</p><figure class="kg-card kg-bookmark-card"><a class="kg-bookmark-container" href="https://sylviebpoulain.fr/2025/06/01/un-premier-roman-et-apres/?ref=mickaelremond.com"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">Un premier roman, et après ?</div><div class="kg-bookmark-description">Souvenir de la Fête du livre de Scy-Chazelles, 2023 Le weekend dernier, j’étais aux Imaginales, mon rendez-vous annuel favori. Quatre jours de retrouvailles avec le milieu de l’imaginai…</div><div class="kg-bookmark-metadata"><img class="kg-bookmark-icon" src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/icon/cropped-20200922_cbc_studio-sylviepoulain_web_carre.jpg" alt=""><span class="kg-bookmark-author">sylviebpoulain.fr</span><span class="kg-bookmark-publisher">juin 1, 2025 at 11:18</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/thumbnail/img_20230902_140940-1.jpg" alt="" onerror="this.style.display = 'none'"></div></a></figure><p>L’écriture est un sport de combat, permanent, contre soi-même, contre ses doutes, contre les craintes de faire fausse route et la peur de décevoir. Un roman nous accompagne si longtemps qu’il porte et emporte forcément un morceau de notre vie, un morceau de nous, du temps qu’on y a consacré. Souvent beaucoup plus.</p><p>Alors que je suis encore dans l’attente de pouvoir commencer sur le travail éditorial de mon premier roman, se relancer sur un nouveau projet est difficile. Le flou n’aide pas à créer sereinement. Alors, oui, j’avance sur mon prochain roman, mais trop lentement à mon goût.</p><p>Je ne chôme pas pour autant.</p><p>J’ai publié un nouvel article pour partager ma vision pragmatique pour construire une Tech plus indépendante&nbsp;:</p><figure class="kg-card kg-bookmark-card"><a class="kg-bookmark-container" href="https://mickaelremond.com/blog/designed-in-europe-made-in-china/"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">Designed in Europe, Made in China</div><div class="kg-bookmark-description">Petit mode d’emploi pour désintermédier la Tech européenne</div><div class="kg-bookmark-metadata"><img class="kg-bookmark-icon" src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/icon/9707CD32-7D3B-4EE0-A380-4A213F4940B3_1_105_c-1.jpeg" alt=""><span class="kg-bookmark-author">Mickaël Rémond</span><span class="kg-bookmark-publisher">Mickaël Rémond</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/thumbnail/photo-1652105322151-4edafa2a6762" alt="" onerror="this.style.display = 'none'"></div></a></figure><p>Je vais finir par pouvoir compiler un livre sur l’impact des technologies sur notre société...</p><p>Et puis, je reviens du festival des Imaginales à Épinal et c’était une édition fantastique, avec une belle énergie. Je me suis laissé débordé par le besoin de création et les rencontres. L’enthousiasme était certainement là aussi car plusieurs amis publiaient leurs nouveaux romans.</p><p>Je rentre aussi à peine du festival des Imaginales à Épinal, qui fut cette année une belle bouffée d’énergie créative. Les rencontres, les discussions, la joie de voir plusieurs ami·es publier leur nouveau roman&nbsp;:</p><figure class="kg-card kg-bookmark-card"><a class="kg-bookmark-container" href="https://mickaelremond.com/blog/mai-2025-lupu-seda-lemos/"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">Mai 2025: Une avalanche de publications</div><div class="kg-bookmark-description">C’est un moment de fierté pour les auteurices de mon groupe d’écriture, avec une avalanche de sorties en mai. Je vous préviens, ça dépote.</div><div class="kg-bookmark-metadata"><img class="kg-bookmark-icon" src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/icon/9707CD32-7D3B-4EE0-A380-4A213F4940B3_1_105_c-2.jpeg" alt=""><span class="kg-bookmark-author">Mickaël Rémond</span><span class="kg-bookmark-publisher">Mickaël Rémond</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/thumbnail/photo-1590598687530-581406de2262" alt="" onerror="this.style.display = 'none'"></div></a></figure><p>J’en suis revenu à la fois lessivé et gonflé à bloc.</p><p>Et puis, j’ai eu le plaisir d’être interviewé par Dounia pour Nice Fictions. Plus d’une heure à parler de mes textes, d’écriture et de processus créatif – un vrai bonheur. Vous pouvez retrouver l’échange sur YouTube&nbsp;:</p><figure class="kg-card kg-embed-card"><iframe width="200" height="113" src="https://www.youtube.com/embed/EI4SNUPc1Io?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen="" title="Dounia reçoit #30 Mickaël Rémond"></iframe></figure><p>Mine de rien, ça fait pas mal d’actualités. Et je suis heureux d’avoir repris la plume électronique pour vous partager tout ça.</p><hr><h2 id="la-dose-de-flow">La dose de Flow</h2><h3 id="musique">Musique</h3><p>Petite découverte qui a illuminé mes dernières sessions d’écriture&nbsp;: Marcin, un jeune guitariste classique virtuose, capable de reprendre et réarranger des morceaux entiers sur une seule guitare. C’est bluffant, hypnotique, et parfait pour écrire – à la fois stimulant et apaisant, comme une transe tranquille. Sa reprise de « Kashmir » de Led Zeppelin, par exemple, m’a scotché&nbsp;:</p><figure class="kg-card kg-embed-card"><iframe width="200" height="113" src="https://www.youtube.com/embed/fA3jFMDBiu4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen="" title="Marcin - Kashmir on One Guitar (Official Video)"></iframe></figure><h3 id="des-trucs-que-j%E2%80%99ai-aim%C3%A9">Des trucs que j’ai aimé</h3><ul><li><strong>Robert Jackson Bennett&nbsp;:</strong> j’ai dévoré la trilogie des&nbsp;<em>Cités Divines</em>. Un modèle de construction narrative, à lire absolument pour les amateurs d’univers denses.</li><li><strong>Pierre Lemaitre&nbsp;:</strong>&nbsp;<em>Robe de marié</em>, un roman plus 2009, qui date encore de son époque polar. Glaçant. Une écriture au plus près des personnages, du Lemaitre pur jus.</li><li>J'ai vu deux séries excellentes, <strong>« D’argent et de sang »</strong> et <strong>« Andor »</strong>. Ce sont deux belle leçons de tension narrative, qui démontre que quand des scénaristes inspirés s’emparent d’un sujet fort, ils peuvent en faire des merveilles.</li></ul><h2 id="%C3%A0-suivre">À suivre</h2><p>Vous le comprenez, l’écriture, c’est aussi l’art de la patience. Alors que je trépigne avant d’entamer le travail éditorial sur mon premier roman, en attendant, j’écris, un peu aujourd’hui, un peu plus demain. Il n’y a rien d’autre à faire pour tromper l’attente, les peurs et les angoisses, et repousser, pour un jour encore, l’ombre de notre propre résistance. L’écriture est un sport de combat.</p><p>Je vous souhaite une merveilleuse semaine.</p><p>— mikl 🙏</p> ]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
        <title><![CDATA[ Mai 2025: Une avalanche de publications ]]></title>
        <description><![CDATA[ C&#39;est un moment de fierté pour les auteurices de mon groupe d&#39;écriture, avec une avalanche de sorties en mai. Je vous préviens, ça dépote. ]]></description>
        <link>https://mickaelremond.com/blog/mai-2025-lupu-seda-lemos/</link>
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        <category><![CDATA[ Actualités ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>mer., 14 mai 2025 15:35:59 +0200</pubDate>
        <media:content url="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/2026/08/couverture-mai-2025-lupu-seda-lemos.jpg" medium="image"/>
        <content:encoded><![CDATA[ <p>2025 est un grand cru pour notre fabrique à histoires. Nous ne sommes pas là (que) pour boire des coups, mais aussi pour abattre un travail colossal dans une ambiance monastique.</p><h2 id="le-solstice-des-ombres-tome-1-s%C5%93urs-de-haine">Le Solstice des ombres, tome 1: Sœurs de haine</h2><p>Pour l’ambiance monastique (et un peu dark), c’est <a href="https://benjaminlupu.net/?ref=mickaelremond.com">Benjamin Lupu</a> qui s’y est collé avec son excellent roman <a href="https://mnemos.com/livre/le-solstice-des-ombres-tome-1-soeurs-de-haine/?ref=mickaelremond.com" rel="noreferrer">Sœurs de Haine</a>, premier tome de sa duologie, le Solstice des Ombres. Ce premier tome sort aujourd’hui et j’ai eu la chance de le lire dans une de ses premières versions et j’attends maintenant la suite avec impatience. Le résultat est prenant, épique et surtout très humain, avec des personnages qui s’affrontent ou se serrent les coudes pour faire face à des forces plus grandes qu’eux.</p><p>Je ne suis pas toujours amateur de fantasy, mais lorsqu’elle a cette profondeur, j’en redemande !</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/2025/05/Le-Solstice-des-Ombres--Soeurs-de-haine--Benjamin-Lupu.jpg" class="kg-image" alt="" loading="lazy" width="1372" height="1920" srcset="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/size/w600/2025/05/Le-Solstice-des-Ombres--Soeurs-de-haine--Benjamin-Lupu.jpg 600w, https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/size/w1000/2025/05/Le-Solstice-des-Ombres--Soeurs-de-haine--Benjamin-Lupu.jpg 1000w, https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/2025/05/Le-Solstice-des-Ombres--Soeurs-de-haine--Benjamin-Lupu.jpg 1372w" sizes="(min-width: 720px) 720px"><figcaption><span style="white-space: pre-wrap;">Le Solstice des ombres, tome 1 Sœurs de haine - Mnemos - Sortie le 14 mai 2025</span></figcaption></figure><h2 id="la-nuit-sera-mon-domaine">La Nuit sera mon domaine</h2><p>Oh que j’admire le travail d’<a href="https://www.instagram.com/alexiaseda3/?ref=mickaelremond.com" rel="noreferrer">Alexia Seda</a>. Elle vient de sortir son premier roman <a href="https://editions-timelapse.fr/produit/la-nuit-sera-mon-domaine/?ref=mickaelremond.com" rel="noreferrer">La Nuit sera mon domaine</a>, et sa prémisse est brillante. Elle imagine l’histoire de Shéhérazade avant les Milles et Une Nuits, un récit à la première personne, un témoignage qui parle de la femme avant qu’elle ne deviennent la légende que l’on connaît.</p><p>Alexia se glisse à merveille dans la peau de la conteuse, revisitant sa vie avec un regard féministe, pour nous entraîner dans une fantasy orientale envoûtante.</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/2025/05/La-Nuit-sera-mon-Domaine--Alexia-Seda.webp" class="kg-image" alt="" loading="lazy" width="1094" height="1551" srcset="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/size/w600/2025/05/La-Nuit-sera-mon-Domaine--Alexia-Seda.webp 600w, https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/size/w1000/2025/05/La-Nuit-sera-mon-Domaine--Alexia-Seda.webp 1000w, https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/2025/05/La-Nuit-sera-mon-Domaine--Alexia-Seda.webp 1094w" sizes="(min-width: 720px) 720px"><figcaption><span style="white-space: pre-wrap;">La Nuit sera mon domaine - Timelapse - Sortie le 10 mai 2025</span></figcaption></figure><h2 id="station-symbiose">Station Symbiose</h2><p>Pour terminer le panorama des sorties du mois, impossible d’oublier <a href="https://editions.critic.fr/station-symbiose.html?ref=mickaelremond.com" rel="noreferrer">Station Symbiose</a>, un roman de science-fiction de <a href="https://www.noemielemos.fr/?ref=mickaelremond.com" rel="noreferrer">Noëmie Lemos</a>. À destination des jeunes ados, le texte de Noémie nous parle d’altérité au travers d’un récit faisant cohabiter des aliens, avec chacun leurs particularités, et des humains relégués dans des rôles subalternes.</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/2025/05/station-symbiose-noemie-lemos.jpg" class="kg-image" alt="" loading="lazy" width="500" height="742"><figcaption><span style="white-space: pre-wrap;">Station Symbiose - Critic - Sortie le 21 mai 2025</span></figcaption></figure><h2 id="%C3%A0-suivre">À suivre</h2><p>L’année 2025 est un grand cru, mais elle est loin d’être terminée, alors patience, d’autres romans issus de notre fabrique à histoires sont déjà sur la rampe de lancement !</p> ]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
        <title><![CDATA[ Designed in Europe, Made in China ]]></title>
        <description><![CDATA[ Petit mode d&#39;emploi pour désintermédier la Tech européenne ]]></description>
        <link>https://mickaelremond.com/blog/designed-in-europe-made-in-china/</link>
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        <category><![CDATA[ Tech ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>mar., 06 mai 2025 14:47:00 +0200</pubDate>
        <media:content url="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/2026/08/couverture-designed-in-europe-made-in-china.jpg" medium="image"/>
        <content:encoded><![CDATA[ <p>Le cap des 100 premiers jours du nouveau président américain vient d’être franchi et le monde s’apprête à faire face aux conséquences des taxes de douane imposées par les États-Unis sur la Chine. Et bien sûr, cela inclut le monde de la Tech.</p><p>Apple vient d’annoncer l’objectif de changer la production d’iPhone vendu aux US, de la Chine vers l’Inde, d’ici 2026. Une grande nouveauté pour tous ceux qui ont l’habitude de lire « Designed in California, Made In China » gravé en petit sur nos objets familiers depuis le premier iPhone.</p><p>Mais aujourd’hui les certitudes et statu quo tanguent et tout équilibre paraît plus précaire qu’auparavant. Les discours isolationnistes des États-Unis face à la consolidation des positions chinoises dans le reste du globe semblent annoncer la fin d’une ère. Entre les deux géants qui se font face, l’Europe cherche sa place sur l’échiquier en même temps que son indépendance.</p><p>Conçu en Californie, fabriqué en Chine. Avec la tension croissante, la souveraineté européenne devient plus que jamais un enjeu majeur, surtout quand Oncle Sam semble traiter ses amis de longue date comme des ennemis. Beaucoup de pays européens et alliés des États-Unis semblent se réveiller en sueur face aux gesticulations de celui qui vit à la Maison-Blanche.</p><p>Alors je ne dis pas qu’il faut faire une confiance aveugle à la Chine (il ne faut pas). Les conditions de travail dans les usines qui produisent justement ces outils technologiques font régulièrement parler d’elles. Et la Chine fait elle-même face à des problèmes à l’international comme à l’intérieur. Simplement, dès lors que le rêve américain se révèle comme un cauchemar, il devient difficile à vendre, empaqueté avec des produits de consommation.</p><p><strong>Il est logique, et ce n’est sûrement pas une mauvaise idée, d’en profiter pour supprimer un intermédiaire et une dépendance dans la chaîne de production.</strong></p><p>C’est l’idée séduisante derrière un slogan en forme de programme, « Designed in Europe, Made in China », une approche qui pourrait être une étape importante dans la reconnaissance d’une forme de souveraineté économique.</p><p>Même Apple, avec sa puissance financière quasi illimitée, reste en admiration de la chaîne d’assemblage chinoise. Et ce ne sont pas les mesures punitives par les taxes de douane de l’administration Trump, appliquées puis retirées discrètement dans un silence gênant, qui ont changé quoi que ce soit à cette réalité. Ce ne sont pas les slogans patriotiques qui font tourner les machines.</p><p>Et pourtant, la guerre des taxes douanières paraît être là pour durer, justifiée par l’idée de faire revenir la production des objets électroniques sur le sol ricain. Mais si ces « <em>tariffs</em> » sont si bénéfiques et permettent le retour de la production de matériel, pourquoi ajouter des exemptions sur des produits clés, comme les smartphones et ordinateurs ?</p><p><strong>Le fantasme du grand retour industriel a la peau dure chez eux comme chez nous. 80 % des Américains souhaitent que les usines reviennent. Mais est-ce possible ? Et surtout, est-ce souhaitable ?&nbsp;</strong></p><p>Ce rêve de relocalisation est aussi coûteux que contre-productif. La Chine a des décennies d’avancées dans son expertise manufacturière. Elle n’a pas seulement les infrastructures, elle a le savoir-faire, les talents, la logistique. Des plans et une vision qui s’étendent sur des décennies et non pas sur un mandat présidentiel de 4 ans.</p><p>Et en particulier, à court terme, il paraît impossible de faire revenir la production près de chez nous. La production d’iPhone est massive, avec de nombreux composants fabriqués par des différents fournisseurs, éparpillés sur nombres de pays.</p><p>Plutôt que de s’acharner à concurrencer l’impossible, une autre voie s’ouvre à nous&nbsp;: celle de la désintermédiation. Accepter que le&nbsp;<em>« Made in China »</em>&nbsp;reste la norme, pour un temps au moins, mais faire évoluer le&nbsp;<em>« Designed in California »</em>&nbsp;en&nbsp;<em>« Designed in Europe »</em>. Reprendre la main sur la pensée, sur l’acte de création dans ce qu’il a de plus politique. Se libérer des filtres américains qui, aujourd’hui encore, dictent nos outils, nos interfaces, nos systèmes d’exploitation.</p><p><strong>Le fait que la Chine semble tout à fait prête à se passer du marché américain et que le président chinois a appelé l’Europe à « résister ensemble » au début du mois d’avril semblent être des portes ouvertes pour de nouvelles relations internationales.</strong></p><p>Mais cette autonomie européenne passe aussi par la sécurité. Aujourd’hui encore, la majorité des mises à jour critiques, des audits de sécurité, des patchs de firmware sont gérés à l’étranger. Supprimer l’intermédiaire, ici aussi, signifie reprendre le contrôle. Faire évoluer les systèmes localement, former les talents, construire des équipes capables de maîtriser l’ensemble de la chaîne logicielle de l’interface jusqu’au firmware. Ce n’est pas de la science-fiction. C’est du bon sens.</p><p>Enfin, réduire l’influence américaine dans les industries sensibles – objets connectés, serveurs, infrastructures critiques – est une priorité de long terme. La confiance ne se décrète pas. Elle se construit sur la base de la maîtrise technologique. Et cette maîtrise ne pourra venir que d’un effort collectif, partagé entre États, chercheurs, entreprises et utilisateurs.</p><p>Android, dans sa version open source, reste un socle totalement viable et accessible et qui ne se repose plus sur les softwares américains. À condition de le dégoogliser réellement. C’est, actuellement, la couche logiciel ouverte qui nous rapproche le plus de l’autonomie recherchée.</p><p><strong>Mutualiser les efforts pour créer un Android européen, pensé dès le départ pour l’autonomie, la transparence, et la souveraineté numérique, c’est poser les premières briques d’une alternative viable.</strong></p><p>Avec les bouleversements qui se produisent à chaque fois que les États-Unis et la Chine s’échangent des coups sur la scène internationale, la souveraineté européenne et l’indépendance dans la Tech nous font du pied. Pourtant l’isolationnisme à l’Américaine n’est pas non plus la solution. Le rêve de contrôler toute la conception et production ne reste qu’un rêve.&nbsp;</p><p>Et quand on voit les volumes nécessaires de production pour remplacer la Chine sur le marché international, cela devient évident. Pour ces volumes, on ne parle pas de simples usines, mais de centres de production ayant la taille d’une ville.</p><p>Mais il est tout de même possible d’agir à notre échelle pour garder en tête l’idée d’utiliser la Tech pour pousser le monde dans une meilleure direction.&nbsp;</p><p><strong>La Silicon Valley nous livre le mode d’emploi, c’est écrit sur la boîte : « Designed in California, Made in China ».</strong></p><p>Nous avons les cerveaux, les valeurs, et les moyens de concevoir une autre voie. L’Europe doit investir dans ce qu’elle sait déjà faire : penser, concevoir, et bâtir une technologie alignée avec ses principes. Plutôt que de courir après des usines imaginaires, investissons dans notre autonomie intellectuelle.</p><p>Les géants américains ne se posent plus la question. Meta, Google et consorts visent à construire un monde où ils n’ont besoin de personne. Si nous ne voulons pas être relégués à l’état de simples consommateurs de leurs visions, il est temps de reprendre la main.</p><p>Si nous voulons changer le mode de production pour espérer l’influencer, alors il faut concevoir nos propres produits et maîtriser les contraintes placées sur la fabrication des appareils dont nous sous-traitons la production.</p> ]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
        <title><![CDATA[ Distillation#1 – Le Flow #226 ]]></title>
        <description><![CDATA[ Où je vous entraîne dans mon univers poétique et vous parle de Lady Gaga. ]]></description>
        <link>https://mickaelremond.com/newsletter/le-flow-226/</link>
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        <category><![CDATA[ Newsletter ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>dim., 27 avr. 2025 18:38:02 +0200</pubDate>
        <media:content url="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/2026/08/couverture-le-flow-226.jpg" medium="image"/>
        <content:encoded><![CDATA[ <p>Hello les ami·es,</p><p>Le temps s’écoule.</p><p>Je vous ai laissé avant mes aventures à Lyon, au Festival Quai du Polar à Lyon. Puis je suis parti en vacances à Berlin. Une ville au charme fou. J’aurai l’occasion d’en reparler.</p><p>Est-ce que j’ai chômé durant tout ce temps ?</p><p>Pas vraiment.</p><p>Vous pouvez par exemple lire un court essai technopolitique que j’ai publié récemment&nbsp;:</p><figure class="kg-card kg-bookmark-card"><a class="kg-bookmark-container" href="https://mickaelremond.com/blog/que-faire-des-rois-de-la-tech/"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">Que faire des « Rois de la Tech » ?</div><div class="kg-bookmark-description">Move fast ? Et après ?</div><div class="kg-bookmark-metadata"><img class="kg-bookmark-icon" src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/icon/9707CD32-7D3B-4EE0-A380-4A213F4940B3_1_105_c.jpeg" alt=""><span class="kg-bookmark-author">Mickaël Rémond</span><span class="kg-bookmark-publisher">Mickaël Rémond</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/thumbnail/Fediverse-House.jpg" alt="" onerror="this.style.display = 'none'"></div></a></figure><p>Et puis, je prépare la suite, l’avenir de mon roman terminé, tandis que je planifie le suivant, sous le nom de code «&nbsp;le cycle de Kolmogorov&nbsp;». J’espère pouvoir vous en dire plus très bientôt.</p><p>Fini le teasing, pour vous faire patienter, je vous partage une nouvelle divagation poétique et élémentaire.</p><p>Bonne lecture !</p><hr><h2 id="distillation1">Distillation#1</h2><p>L'homme regarde sa montre<br>jauge le temps qui roule<br>coule d'une légère et abrasive gravité<br>s'astreint à relever ce qui passe<br>se passe<br>change</p><p>Mais rien n'a bougé<br>autour de lui entre deux<br>battements de paupières<br>face à lui<br>l'arbre le tance<br>tout aussi immobile</p><p>L'homme dégluti avec peine<br>tout est même<br>mais quand bien même<br>Il ne peut rester figé<br>car tout palpite</p><p>Tout</p><p>Une perle de sueur glisse de son front<br>l'homme regarde sa montre<br>se demande<br>combien de temps pour ravaler sa haine<br>éteindre les volcans de bile<br>magmas de trahisons</p><p>Éruption<br>irruption<br>disruption<br>mots en ion<br>mots du changement dans la douleur<br>tout en tension<br>comme s'il fallait l'enfanter<br>ce changement</p><p>Sans raison<br>l'homme regarde sa montre</p><p>Attendre le temps qu'il faut pour<br>domestiquer ses peurs<br>taire ses alarmes<br>pardonner<br>peut-être juste oublier<br>verser une larme<br>sans raison<br>juste oublier<br>ce qui sera</p><p>Combien de seaux de bile<br>pour dissoudre sa peine<br>combien d'éruptions<br>pour emplir ses failles de lave</p><p>Il compte ses cicatrices<br>sur ses doigts<br>guette<br>sur le cadran circulaire<br>cette heure qui un jour reviendra</p><p>Il pense le monde<br>l'aiguille avance<br>il panse ses plaies<br>l'aiguille avance<br>l'homme regarde sa montre<br>quand de son arbre<br>tombe un fruit<br>sucré<br>juteux</p><p>Un oiseau sort d'un buisson pour s'en repaitre<br>l'homme ne bouge pas<br>il craint de l'épouvanter<br>alors il se fait discret<br>se fond<br>immatériel<br>invisible et omniprésent<br>perméable au monde<br>qui l'avale<br>comme un fruit mûr<br>qu'on picore à même la peau</p><p>Au travers de sa gorge nouée<br>l'homme ravale sa peine<br>étouffe ses rancœurs<br>calme son souffle</p><p>Quelle heure est-il quand la nuit tombe<br>quand toute haine bue<br>le soleil gronde l'impudent pénitent<br>l'homme regarde sa montre<br>l'oiseau a depuis longtemps disparu<br>quand le temps le recrache</p><p>Il se lève<br>titube<br>comme l'oiseau repu<br>libéré<br>ivre des ferments du possible<br>distillé à l'alambic minéral<br>du temps qui s'égrène</p>
<!--kg-card-begin: html-->
<hr class="empty"/>
<!--kg-card-end: html-->
<hr><h2 id="la-dose-de-flow">La dose de Flow</h2><h3 id="musique">Musique</h3><p>Lady Gaga est pour moi comme Yungblud, tous les deux brillent comme les deux plus belles voix du moment, au service d’une palette artistique exceptionnelle. Si, si je vous assure.</p><p>Pour continuer à vous en convaincre, je vous partage une version épurée du morceau de Lady Gaga, Abracadabra, qui sublime un <a href="https://youtu.be/vBynw9Isr28?ref=mickaelremond.com" rel="noreferrer">morceau électro</a> en ballade somptueuse.</p><figure class="kg-card kg-embed-card"><iframe width="200" height="113" src="https://www.youtube.com/embed/kzJkVSnZEGk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen="" title="Lady Gaga “Abracadabra” Live on the Stern Show"></iframe></figure><h2 id="%C3%A0-suivre">À suivre</h2><p>Oui, je sais, le rythme de cette lettre&nbsp;<em>hebdo</em>&nbsp;est un peu fantaisiste, mais vous savez comme moi que le temps est relatif.</p><p>Alors, à la prochaine et en attendant, je vous souhaite une merveilleuse semaine !&nbsp;</p><p>-- mikl 🙏</p><p></p> ]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
        <title><![CDATA[ Quais du Polar 2025 ]]></title>
        <description><![CDATA[ À Lyon, les 4 et 5 avril 2025 ]]></description>
        <link>https://mickaelremond.com/blog/quais-du-polar-2025/</link>
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        <category><![CDATA[ Actualités ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>mer., 02 avr. 2025 16:48:04 +0200</pubDate>
        <media:content url="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/2025/04/QDP25-Affiche-p.jpg" medium="image"/>
        <content:encoded><![CDATA[ <p>Je serai en visite le week-end prochain au festival&nbsp;<a href="https://quaisdupolar.com/?ref=mickaelremond.com">Quais du<u> Polar</u></a>&nbsp;2025, à Lyon. Vous pourrez m’y croiser le vendredi&nbsp;4&nbsp;avril 2025 après-midi et le samedi&nbsp;5&nbsp;avril 2025 toute la journée.</p><p>La <a href="https://quaisdupolar.com/auteurs/?ref=mickaelremond.com">liste<u> des autrices et auteurs présents</u></a> donne le vertige, avec entre autres une longue liste de plumes que j’aimerai croiser (ou recroiser)&nbsp;: James Ellroy, Paula Hawkins, Franck Thilliez, Åsa Ericsdotter, Niko Tackian, Céline Denjean, Joseph Incardona et Kim Fu, ...</p><p>N’hésitez pas à m’envoyer un mail si vous y avez l’intention de vous y rendre également et que vous souhaitez échanger !</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/2025/04/791575-ez-Quais-du-polar-2016-ambiance.jpg" class="kg-image" alt="" loading="lazy" width="800" height="533" srcset="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/size/w600/2025/04/791575-ez-Quais-du-polar-2016-ambiance.jpg 600w, https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/2025/04/791575-ez-Quais-du-polar-2016-ambiance.jpg 800w" sizes="(min-width: 720px) 720px"><figcaption><span style="white-space: pre-wrap;">Le festival Quais du Polar se tient chaque année au Palais de la Bourse de Lyon. © Sandrine Thesillat</span></figcaption></figure> ]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
        <title><![CDATA[ Que faire des « Rois de la Tech » ? ]]></title>
        <description><![CDATA[ Move fast ? Et après ? ]]></description>
        <link>https://mickaelremond.com/blog/que-faire-des-rois-de-la-tech/</link>
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        <category><![CDATA[ Tech ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>mar., 01 avr. 2025 15:52:41 +0200</pubDate>
        <media:content url="https://storage.ghost.io/c/13/05/13055d52-5752-4332-b3a2-986cb6c3070f/content/images/2025/04/Fediverse-House.jpg" medium="image"/>
        <content:encoded><![CDATA[ <p>Je suis un grand fan de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cory_Doctorow?ref=mickaelremond.com" rel="noreferrer">Cory Doctorow</a>.</p><p>Auteur de science-fiction. Grand analyste des évolutions technologiques. Et créateur du terme « <em>merdification</em> » (<em>Enshittification</em>&nbsp;en anglais), l’idée que les plates-formes numériques, parce qu’elles s’adressent à la fois aux consommateurs et annonceurs ou parce qu’elles sont devenues quasi monopolistiques, sont condamnées à se dégrader…</p><p>Un écrivain qui pique mes intérêts donc.</p><p>Voici l’introduction de son livre <a href="https://cfeditions.com/rapt-internet/?ref=mickaelremond.com" rel="noreferrer">Le Rapt d’Internet</a>, récemment publié en français, qui caractérise son ton et son état d’esprit ravageur&nbsp;:</p><blockquote>Ceci est un livre pour les personnes qui veulent détruire les Big Tech.<br><br>Ce n’est pas un livre pour les personnes qui veulent dompter les Big Tech. Il est impossible de les réformer.<br><br>Ce n’est pas non plus un livre pour les personnes qui veulent se débarrasser des technologies à proprement parler. Les technologies ne posent pas de problème en soi. Arrêtons de réfléchir à ce que&nbsp;<em>font</em>&nbsp;les technologies. Réfléchissons plutôt&nbsp;<em>à qui&nbsp;</em>elles le font et&nbsp;<em>pour qui</em>&nbsp;elles le font.<br><br>C’est un livre qui s’intéresse à ce que les Big Tech craignent le plus&nbsp;: une technologie qui serait dans les mains et au service des personnes qui l’utilisent.</blockquote><h2 id="histoire-du-mouvement-des-destructeurs">Histoire du mouvement des destructeurs</h2><p>Dans son livre, Cory nous ramène à l’école de Chicago auprès de Milton Friedman, l’homme derrière l’idée du « monopole vertueux ».</p><p>Et il explique comment ce mouvement a conduit à l’émergence de la clique de milliardaires qui compte bien diriger notre monde contemporain.</p><p>Pour prendre un exemple, Mark Zuckerberg est aujourd’hui à la tête de l’empire Meta, mais a commencé dans son dortoir à Harvard dans les années&nbsp;2010. Le dortoir d’où il a fait grandir le site internet Facebook jusqu’à ce phénomène d’internet que l’on connaît aujourd’hui. En tout cas, c’est ce que dit l’histoire…</p><p><em>« Move fast, break things »</em>, le slogan emblématique de la Tech de cette époque lui est attribué. L’idée que le savoir que nous apporte l’expérimentation est plus important que la stabilité de ce que nous construisons. Il faut aller vite, itérer, pour prendre le reste du monde de vitesse, les législateurs qui ne pourront pas s’adapter assez vite, et les utilisateurs qui ne pourront prendre le temps et le recul nécessaire face à une nouvelle technologie. Il faut aller vite pour sidérer.</p><p>Cette philosophie s’est propagée aux entreprises de l’époque qui se sont empressées de suivre dans les pas du géant Facebook. Constamment, ajouter de nouvelles fonctionnalités, rapidement, passer à la suite, sans regarder en arrière. Comme SpaceX qui enchaîne, à un rythme effréné, les lancements de fusée souvent suivis directement par leur explosion. Pour apprendre, prendre la concurrence de vitesse au mépris des conséquences sur l’environnement.</p><p>Des empires se sont construits et les empires des Big Techs se sont formés avant même qu’une discussion sur l’impact et les responsabilités que ces derniers ont n’ait pu avoir lieu.&nbsp;</p><p>Mark Zuckerberg a finalement reconnu que cette approche était dépassée, mais l’histoire de la construction de ces bastions de la technologie persiste.</p><h2 id="l%E2%80%99histoire-ou-la-r%C3%A9alit%C3%A9">L’histoire&nbsp;ou la réalité ?</h2><p>La légende dit que Mark Zuckerberg changeait le code de Facebook en pleine réunion.</p><p>Bien sûr, je me méfie toujours de ce type de récits, mais il y a une raison pour laquelle cette idée s’est répandue. Une fascination pour l’idée d’expérimentation et de l’inventeur bidouilleur.</p><p>On a besoin de croire aux sauveurs, à l’homme providentiel, car cette croyance permet de justifier les excès. Le mythe de l’entrepreneur prolonge dans la Silicon Valley le rêve américain. Il perpétue l’image du&nbsp;<em>disrupteur</em>&nbsp;de génie qui renverse les marchés et qui change le monde. Anthony Galluzzo, dans son livre <a href="https://www.editionsladecouverte.fr/le_mythe_de_l_entrepreneur-9782355221972?ref=mickaelremond.com" rel="noreferrer">Le Mythe de l’Entrepreneur</a>, déconstruit pourtant totalement ce mythe, le mettant à nu, comme un outil politique légitimant une hiérarchie sociale conservatrice sous des atours méritocratiques.</p><p>On a besoin de justifier aussi qu’un patron gagne X mille fois plus son salarié le moins payé et, pour cela, on doit en faire des héros.</p><p>Les États-Unis se sont bâtis sur ce mythe. Et ce mythe a bâti leur <em>soft power</em>. Mais aujourd’hui le <em>power</em> n’est plus si <em>soft</em> et laisse place à une relation de domination plus brutale.</p><p>Aujourd’hui, les Rois de la Tech ne se contentent pas de casser les choses, ils visent à casser les gens…</p><p>S’adaptant au vent changeant de direction, Mark a fait machine arrière sur les avancées progressistes derrière lesquelles il se cachait il y a encore quelques années.&nbsp;</p><p>Et récemment, Sarah Wynn-Williams, une ancienne employée de Facebook, a été attaquée sans relâche par Meta pour son livre <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2025/03/20/le-succes-du-livre-d-une-ancienne-salariee-de-facebook-malgre-les-tentatives-de-meta-d-en-limiter-la-diffusion_6583906_4408996.html?ref=mickaelremond.com" rel="noreferrer">Careless People</a>, qui parle de la toxicité entourant le culte de la personnalité autour de Zuckerberg.</p><h2 id="comment-r%C3%A9agir">Comment réagir ?</h2><p>Comment réagir face à un pouvoir qui peut vous détruire, et qui se cache derrière des mythes, derrière des statues érigées aux noms d’entrepreneurs qui n'ont ni la même boussole ni les mêmes valeurs que nous.</p><p>Construits comme un bien commun, les géants ont détourné la Tech pour servir les intérêts du petit nombre, certes.</p><p>Mais au fur et à mesure que les monopoles se consolident derrière les rois, ils semblent perdre de leur vertu…</p><p>Revenons à Cory Doctorow.</p><p>Lors de la conférence&nbsp;<a href="https://schedule.sxsw.com/2025/events/OE46220?ref=mickaelremond.com">Fediverse House</a>&nbsp;organisée par la société Flipboard en marge du festival SXSW&nbsp;2025, il a trouvé un mot d’ordre brillant, pour résumer son rapport aux Big Tech&nbsp;:</p><blockquote>Move fast and break Kings<br><br>(<a href="https://federate.social/@oconnell/114140036782740993?ref=mickaelremond.com">https://federate.social/@oconnell/114140036782740993</a>)</blockquote><p>Cory propose des voies d’actions politiques.</p><p>Comme imposer des systèmes interopérables pour forcer la collaboration. Des moyens pour empêcher les monopoles, pour libérer les utilisateurs.</p><p>Casser les positions dominantes, sortir du système donnant naissance à des entités uniques. Redonner aux consommateurs le pouvoir de choisir et aux citoyens le pouvoir de décider.</p><p>Comme un retour aux sources de la Tech. Retrouver le délice de la bricole, du bidouillage. La joie de la création et de l’expérimentation. Il est encore temps de revenir aux racines. Revenir à une tech émancipatrice.</p><p>Ne pas se reposer sur une fascination mal placée pour des hommes plus qu’imparfaits qui ne cherchent qu’à protéger leurs empires.</p><p>Briser les rois, déboulonner leur statue.</p><p><strong><em>MOVE FAST and BREAK KINGS</em></strong></p> ]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
        <title><![CDATA[ Divine Création – Le Flow #225 ]]></title>
        <description><![CDATA[ Où je vous parle de notre rapport aux machines et à la création et de Raign. ]]></description>
        <link>https://mickaelremond.com/newsletter/le-flow-225/</link>
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        <category><![CDATA[ Newsletter ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>sam., 22 mars 2025 17:01:43 +0100</pubDate>
        
        <content:encoded><![CDATA[ <p>Hello les ami·es,</p><p>Alors que je me suis installé confortablement pour écrire cette lettre, une question existentielle me frappe. Y a-t-il de plus grand plaisir qu'écrire en musique avec un bon café ? Quoi de mieux pour s'échapper de l'actualité anxiogène et dépasser la sidération ?</p><p>Jamais la création ne m'a paru aussi vitale qu'aujourd'hui. <strong>L'imagination constitue notre échappatoire la plus précieuse</strong> et le domaine de la pensée notre plus fidèle outil pour tailler sa voie dans la jungle de négativité qui nous entoure. Nous pouvons créer des mondes, changer la réalité, nous sommes né·es avec notre propre Matrice et elle est 100 % bio et éthique.</p><p>Comme le soulignait <a href="https://mickaelremond.com/podcast/ugo-bellagamba/">Ugo Bellagamba dans le podcast Double Vie</a> : <em>« La science-fiction est un laboratoire dont on ne peut pas se priver »</em>. J'ajouterais aujourd'hui que nous n'avons pas ce luxe.</p><p>Alors, les ami·es, bienvenue dans mon oasis.</p><hr><h2 id="divine-cr%C3%A9ation">Divine Création</h2><p>Dans les années&nbsp;1970, puis 1980, les premiers ordinateurs personnels étaient créés par des passionnés. Certaines machines, comme les ZX80, étaient vendues déjà montées ou en kit de pièces d’électronique. L’interface était rudimentaire. Une ligne de commande attendait que l’on invoque des programmes par nos incantations tapées sur le clavier. Les premiers utilisateurs de ces machines en faisaient l’acquisition pour programmer. L’informatique était un royaume d’expérimentations. Il y avait bien quelques jeux, des programmes parfois vendus sur cassette, mais le plus souvent accessibles sous forme de listing dont on pouvait saisir le code dans la machine. Pour les vrais utilisateurs passionnés, le vrai jeu, le défi consistait à dompter la bête, la maîtriser pour explorer son potentiel créatif. L’informatique était un outil de création ouvrant des portes sur l’inconnu. Je l’évoquais dans <a href="https://mickaelremond.com/newsletter/le-flow-187/" rel="noreferrer">le Flow #187 sur « La machine, l’algorithme et la création »</a>&nbsp;: l’art computationnel peut être artistique, si l’artiste maîtrise le processus et l’algorithme et garde le contrôle de l’expression de son intention.</p> ]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
        <title><![CDATA[ Divine Création ]]></title>
        <description><![CDATA[ L&#39;humanité peut-elle abandonner la création aux machines ? ]]></description>
        <link>https://mickaelremond.com/blog/divine-creation/</link>
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        <category><![CDATA[ Créativité ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>sam., 22 mars 2025 17:00:00 +0100</pubDate>
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        <content:encoded><![CDATA[ <p>Dans les années&nbsp;1970, puis 1980, les premiers ordinateurs personnels étaient créés par des passionnés. Certaines machines, comme les ZX80, étaient vendues déjà montées ou en kit de pièces d’électronique. L’interface était rudimentaire. Une ligne de commande attendait que l’on invoque des programmes par nos incantations tapées sur le clavier. Les premiers utilisateurs de ces machines en faisaient l’acquisition pour programmer. <strong>L’informatique était un royaume d’expérimentations.</strong> Il y avait bien quelques jeux, des programmes parfois vendus sur cassette, mais le plus souvent accessibles sous forme de listing dont on pouvait saisir le code dans la machine. Pour les vrais utilisateurs passionnés, le vrai jeu, le défi consistait à dompter la bête, la maîtriser pour explorer son potentiel créatif. L’informatique était un outil de création ouvrant des portes sur l’inconnu. Je l’évoquais dans <a href="https://mickaelremond.com/newsletter/le-flow-187/" rel="noreferrer">le Flow #187 sur « La machine, l’algorithme et la création »</a>&nbsp;: l’art computationnel peut être artistique, si l’artiste maîtrise le processus et l’algorithme et garde le contrôle de l’expression de son intention.</p><p>Plus tard, les interfaces utilisateurs se sont améliorées et sont devenues graphiques, mais l’ambition de dompter la machine pour créer des œuvres qui la poussent dans ses retranchements était toujours là. Une scène de demomakers s’est développée. Leurs créations prenaient la forme de séquences animées et musicales qui étaient théoriquement impossibles à réaliser sur ce type de machine, parfois en utilisant des fonctionnalités cachées et non directement accessibles par le langage de programmation proposé. Le plus souvent, il s’agissait de créer une illusion, trouver des astuces pour tromper l’utilisateur, lui donner à voir autre chose que ce qui s’affichait à l’écran, laisser le cerveau et les sens compléter le tableau trompeur qui lui était présenté, illusion d’objets tridimensionnels tournant sur l’écran, illusion de sons émis sur plusieurs canaux. Le créateur devenait magicien. Le plus célèbre de ces tours de magie est très certainement le premier jeu de la série Doom, qui est parvenu à donner l’impression d’évoluer d’un monde en trois dimensions à partir d’une carte en deux dimensions.</p><p>Avec les interfaces graphiques et leurs métaphores organisationnelles, les ordinateurs sont devenus plus intuitifs, c’est-à-dire que leur usage était devenu plus simple à découvrir et assimiler pour les utilisateurs. Cela a permis à l’informatique de trouver une utilité nouvelle dans la société, de devenir un outil de travail et de conquérir sa place sur chaque bureau et dans chaque foyer. Avec sa démocratisation, la majorité des utilisateurs d’ordinateur n’étaient plus programmeurs. La connaissance de la machine, le besoin de la dompter et de comprendre son fonctionnement sont devenus des freins au travail productif. Les opérations de maintenance d’un ordinateur, qui étaient inhérentes à sa possession, se sont séparées de son utilisation. L’usage et l’administration de la machine sont devenues des compétences distinctes. Le monde demandait des machines qui marchent simplement (<em>computers that just work</em>), ce qui a finalement assuré le succès d’une informatique plus fermée, contrôlée, dans laquelle la liberté de l’utilisateur est restreinte pour ne pas lui permettre de casser le système. Le but était de simplifier la maintenance qui était échue aux « gourous » de l’informatique, le gars de la famille un peu geek, ou le service de gestion du parc informatique dans l’entreprise.</p><p>Aujourd’hui, une machine qu’on dit intuitive est une machine qui n’a pas vraiment besoin de maintenance ou d’administration. C’est une machine que l’on ne peut pas « dérégler », que l’on ne peut pas « casser » en supprimant par exemple le mauvais fichier. En d’autres termes, c’est une <strong>machine fermée qui limite ce qui est possible pour un développeur</strong>, tout en permettant une consommation simple des contenus (programmes, musique, vidéos, etc.) auxquels le fournisseur de la machine a accepté de donner accès. Le système est un environnement aux capacités restreintes, un jardin clos (walled garden) entièrement contrôlé par le fournisseur, qui joue le rôle de mainteneur du « service ». La machine est devenue un objet qui vous transforme en super consommateur ou en super employé.</p><p>Le cloud computing a cristallisé cette tendance à la séparation entre utilisation et maîtrise. L’informatique, qu’elle soit proposée en cloud sur Internet ou utilisable localement, est devenue un service qui passe par la mise à disposition d’un terminal aux capacités réduites. L’utilisateur utilise, le fournisseur fournit. L’IA renforce cette tendance, d’une part, parce que les algorithmes sont généralement opaques, mais aussi parce que l’IA est l’aboutissement d’un mouvement qui veut transformer l’acte de création en consommation d’éléments de contenus, souvent générés, un simple jeu de briques à assembler. De ce fait, elle élimine les centaines de microchoix que l’artiste doit faire dans son cheminement créatif, le hasard, la sérendipité.</p><p>L’humain a créé la machine comme un outil pour l’aider à penser, à calculer, un outil pour démultiplier ses forces. Steve Jobs disait que l’ordinateur était un <a href="https://youtu.be/NjIhmzU0Y8Y?ref=mickaelremond.com"><em><u>vélo pour l’esprit</u></em></a>. Mais l’humain se veut démiurge, il est prompt à jouer les Docteurs Frankenstein, à rêver de doter le calculateur d’autonomie. La création devient créature. Allons-nous entrer dans la dernière phase de cette <strong>relation symbiotique</strong>, celle où nous vénérons notre <strong>créature</strong> jusqu’à la considérer comme une <strong>divinité</strong> ?</p><p>Nous n’en sommes pas si loin. Avec la perte de recul, l’addiction aux plateformes sociales et la méconnaissance croissante du fonctionnement des technologies que nous utilisons, l’informatique est perçue comme une forme de magie maîtrisée par une caste de sorciers qui compte en faire monopole.</p><p>L’essor des machines nous confronte à une question existentielle&nbsp;: <strong>est-ce que l’humanité peut vivre sans créer ?</strong> Peut-elle se laisser enfermer sans conséquence dans un rôle de consommateurs de biens et de contenus ? J’invite souvent à revisiter l’éclair de génie des sœurs Wachowski lorsqu’elles ont développé leur métaphore de la Matrice. Il est trop facile de n’y voir qu’une fable nous avertissant sur le danger d’une intelligence artificielle prenant son autonomie. Dans ce monde où l’humain est devenu une ressource purement utilitaire, est-ce vraiment la machine qui a gagné son combat quasi mythologique ? Et si c’était l’humain qui, par confort et paresse, avait abdiqué son humanité pour se soumettre à son nouveau Dieu ?</p><hr><p><em>Cet essai a été écrit pour les lecteurs du </em><a href="https://mickaelremond.com/le-flow"><em>Flow</em></a><em> (épisode </em><a href="https://mickaelremond.com/newsletter/le-flow-225/" rel="noreferrer">#225</a><em>).</em></p> ]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
        <title><![CDATA[ J’ai écrit – Le Flow #224 ]]></title>
        <description><![CDATA[ Où je vous parle d’écriture, de projets passés et à venir, et du groupe The Warning (encore !) ]]></description>
        <link>https://mickaelremond.com/newsletter/le-flow-224/</link>
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        <category><![CDATA[ Newsletter ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>sam., 15 févr. 2025 16:38:40 +0100</pubDate>
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        <content:encoded><![CDATA[ <p>Alors, voilà, les ami·es,</p><p>J’ai écrit.</p><p>Je vous dis ça comme on avance sur un chemin et qu’on se retrouve soudain face au gouffre. La fin d’un roman est comme le bout de ce chemin qu’on arpente depuis… depuis toujours. On se retourne pour contempler le chemin parcouru. L’aventure, quand on fait la somme de ses pas, est un peu écrasante et la perspective angoissante.</p><p>Alors, voilà.</p> ]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
        <title><![CDATA[ Bol d&#x27;R – Le Flow #223 ]]></title>
        <description><![CDATA[ Où je vous partage un de mes derniers textes poétiques, Bol d’R, et vous parle de The Warning. ]]></description>
        <link>https://mickaelremond.com/newsletter/bol-dr-le-flow-223/</link>
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        <category><![CDATA[ Newsletter ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>sam., 18 janv. 2025 18:03:43 +0100</pubDate>
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        <content:encoded><![CDATA[ <p>Hello les ami·es,</p><p>Après la longue trêve de cette infolettre, me voilà de retour. Enfin. Je vous souhaite donc à tous le meilleur pour 2025, je vous souhaite de vivre de merveilleuses choses dans la vie comme dans les histoires qui vous accompagnent.</p><p>Vous vous en doutez, j’ai pris un temps de pause du Flow pour réserver mon temps d’écriture à mon roman en cours de correction, La Plaie. Lorsque je vous ai laissé, j’avais d’ailleurs presque terminé le deuxième jet. En pratique, je me suis voilé la face et j’ai beaucoup, mais vraiment beaucoup sous-estimé le travail de relecture/réécriture. J’avais l’impression d’avancer à un bon rythme en chapitres dans un découpage en scènes. Il y a en moyenne entre quatre et cinq scènes dans mes chapitres, ça fait donc une sacrée différence.</p><p>Bon, alors depuis, j’ai corrigé le tir, fait un décompte précis des scènes qu’il me restait à revoir et j’ai progressé beaucoup plus régulièrement. J’arrive maintenant au bout, cette fois c’est la bonne. À l’heure où je vous écris, le me reste moins de trente scènes à retoucher. J’y suis presque.</p><p>En attendant, voici un texte poétique écrit cette semaine.</p><p>Bonne lecture !</p><hr><h2 id="bol-d%E2%80%99r">Bol d’R</h2><p>Ni texte élaboré, ni phrases recherchées<br>J’écris aujourd’hui pour ceux qui manquent d’R<br>Alors, respire</p> ]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
        <title><![CDATA[ Bol d’R ]]></title>
        <description><![CDATA[ Respire ]]></description>
        <link>https://mickaelremond.com/blog/bol-dr/</link>
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        <category><![CDATA[ Poétique ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>sam., 18 janv. 2025 17:00:00 +0100</pubDate>
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        <content:encoded><![CDATA[ <h2 id="bol-d%E2%80%99r">Bol d’R</h2><p>Ni texte élaboré, ni phrases recherchées<br>J’écris aujourd’hui pour ceux qui manquent d’R<br>Alors, respire</p><p>Que reste-t-il de nos remords, de nos regrets&nbsp;<br>De ces heures insensées, passées à ressasser<br>À recommencer, toujours le même R<br>La même rengaine, la même ritournelle&nbsp;<br>En apnée, chacun dans son bocal, on tourne en rond<br>Oubliant que, oubliant de,<br>Oubliant</p><p>Tout ne se répète pas, la mort est sans re-mort<br>Renaître, revivre, ou rebooter si tu te sens robotique<br>Sac de nœuds<br>La vie se noue, se dénoue, se renoue<br>Oh rebonjour, désolé, je ne t’avais pas reconnu</p><p>Ressources, recours, ressort<br>Ailleurs ou ici, partir pour revenir,<br>Et avant de repartir<br>Rebâtir, reprendre, se reprendre et redémarrer<br>Même le rejet est un jet<br>Une dynamique<br>Une explosion</p><p>Tant d’heures, tant de RE<br>Tant de mots du renouveau<br>Tu crois que c’est un hasard, toi ?<br>Tu crois vraiment que l’on retombe toujours dans le même trou ?<br>Mais regarde autour de toi<br>Rien ne se répète, tout se transforme<br>On change d’ère comme on change d’air</p><p>Re, Re, Re, Re, Re, Re<br>Tu entends les toussotements du moteur qui démarre ?<br>Le ronronnement des turbines qui te propulsent ?<br>Là-bas<br>Là-haut</p> ]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
        <title><![CDATA[ Fuite#1 ]]></title>
        <description><![CDATA[ Leurs étreintes en roulis se bercent... ]]></description>
        <link>https://mickaelremond.com/blog/fuite-1/</link>
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        <category><![CDATA[ Poétique ]]></category>
        <dc:creator><![CDATA[ Mickaël Rémond ]]></dc:creator>
        <pubDate>dim., 22 déc. 2024 17:00:00 +0100</pubDate>
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        <content:encoded><![CDATA[ <p>Leurs étreintes en roulis se bercent<br>du tangage des marais salants,<br>asséchés par la soif,<br>portés par la foi<br>de voir renaître des terres mers<br>une oasis.</p><p>Une fuite</p><p>Les rails balisent tant de chemins de traverse,<br>quand leur périple rectiligne<br>embrasse ces droites labyrinthiques,<br>parallèles qui se croisent et s’enlacent<br>jusqu’a fondre<br>l’horizon.</p><p>Une fuite</p><p>Ils cherchent dans l’oubli<br>la mémoire du monde<br>enfouie au fond d’eux,<br>confiance téméraire,<br>humanité tactile,<br>espoir charnel<br>d’un futur qui s’égrène</p><p>lancinant<br>hypnotique<br>enivrant</p><p>TaTacTaToum</p><p>Où qu’ils fuient,<br>quoi qu’ils redoutent</p><p>TaTacTaToum</p><p>en s’éloignant,<br>ils se rapprochent</p><p>Une suite</p>
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 ]]></content:encoded>
    </item>

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