La vie sans marge

La vie sans marge

Créativité

Le nez dans le guidon. Le flow de la vie quotidienne nous impose trop souvent de vivre au jour le jour sans recul. C’est d’autant plus terrible que c’est alors souvent une double peine. Moins on a de recul, plus on vie dans l’urgence et plus on réagit et moins on se retrouve capable de prendre du recul.

C’est un mal endémique, à en croire que nous sommes tous faits pour être cyclistes et pédaler comme des dératés en regardant sa roue avant.

Ce manque de recul arrive souvent sournoisement. Le début de la spirale est souvent toujours le même, alors il faut apprendre à reconnaître ce qui nous fait replonger pour être vigilant. Pour certains, on ne sait pas — ou mal — dire non. On surestime toujours ses capacités. On veut aider, être serviable.

Alors on retombe encore et toujours dans le même schéma. On charge sa barque un peu plus et petit à petit on mange les marges qui nous permette de réfléchir, d’y voir clair, d’être vivant, c’est-à-dire aussi finalement de contrôler où nous allons.

La marge dans notre vie doit être préservée pour une bonne raison. Sans marge, on explose au moindre imprévu que la vie nous réserve. Pour faire face, il faut de la marge pour absorber les chocs, comme une sorte d’amortisseur. Il faut de la marge pour s’occuper d’un proche malade ou bien se soigner soi-même ; de la marge pour réfléchir et créer, pour regarder sa propre boussole et vérifier de temps en temps que nous allons dans la bonne direction.

La vie ne peut pas être vécue à 100 %, toujours dans le rouge. Puisqu’on ménage sa monture, nous devons aussi ménager le cavalier pour continuer à avancer dans la direction que nous voulons donner à notre vie.