Politechs

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Au début de cette semaine, Oracle a soumis une offre de reprise des opérations américaines de TikTok, par le biais d’un obscur accord de partenariat.

Je partage ce qu'à très bien exprimé Laurent Sansonetti sur Twitter : « Je me sens déconnecté du secteur technologique : je n’ai aucune idée de ce que fait Oracle ces jours-ci, et je sais à peine ce qu’est TikTok. »

Et c’est vrai. D’après ce que je comprends, Oracle est une entreprise B2B. TikTok est un réseau social très populaire auprès des adolescents.

Je n’ai pas trouvé d’article qui expliquerait pourquoi cet accord aurait du sens.

Et je n'en trouverais certainement pas.

Pourquoi ? Simplement parce que cet accord n’a aucun sens.

Nous ne parlons plus de technologie, mais d’un mélange de technologies servant une fin politique, ce que nous pourrions appeler la « politechs ».

Les grandes entreprises technologiques valent plus que de petits pays. Elles ont des revenus colossaux, des montagnes de liquidités et un budget plus élevé que celui de nombreux États. Il n’est donc pas surprenant qu’elles soient passées à la politique.

Les récents événements autour de Tiktok et son interdiction d’opérer directement aux États-Unis le démontrent. La technologie est utilisée comme un outil pour servir un plan plus vaste. Oracle joue à ce petit jeu pour faire plaisir au gouvernement américain. Je ne vois aucune synergie avec les activités d’Oracle, à part peut-être l’intérêt de disposer d’une vitrine pour leur service de cloud à la traîne.

Avant que Donald Trump ne devienne président, l’industrie technologique était certes déjà utilisée comme un levier politique.

Mais cela se faisait d’une manière beaucoup plus discrète. Un soft power doit rester discret pour durer, pour éviter que les intéressés ne soient contraints de faire face à la réalité de leur situation.

La présidence de Trump n’a plus rien à voir avec le soft power. Il s’agit d’avoir du pouvoir et surtout de le prouver.

L’Accord TikTok — Oracle n’a aucun sens. Il rend simplement manifeste que l’agitation s’inscrit dans un mouvement plus large.

Personne ne semble désormais devoir prendre la peine de fournir une explication plausible.

Les gens se moquent déjà d’Oracle et de son infâme installeur Java.

Tout ceci n’a plus d’importance.

Tout est là pour servir la « politechs », mettre la technologie au service de la politique.

Mais maintenant que ces manœuvres se font au grand jour, personne ne peut plus feindre de les ignorer.

D’autres pays exigeront-ils finalement des services implantés localement et servis par une boite locale pour les géants de la technologie comme Facebook, Google ou Twitter ?