Alors, comment se passe votre week-end ?
Je vous ai déjà parlé de mon atelier d’écriture polar avec Franck Thilliez. Je suis impressionné par sa maitrise, presque intuitive, du rythme et des motifs des histoires, par la pertinence de ses réponses, mais aussi par sa gentillesse. Je passe un moment formidable.
Pour partager un peu du plaisir de l’atelier, voici le résultat d’un exercice. L’objectif était d’écrire le début d’un polar ou d’un thriller à partir d’une photo. La mienne représentait l’ombre d’un homme un peu flou, devant un fond bleu évoquant, peut-être, un rideau.
Voici mon interprétation de l’exercice :
Affaires courantes
En bas de l’immeuble, le petit manège était rodé. Ces types avaient l’expérience des longues surveillances. Ils savaient mettre en scène des personnages anodins qui se fondaient dans le décor tel de vrais caméléons. Rien qui accroche l’œil. À tel point que j’avais d’abord cru que je devenais fou. Ce visage me disait quelque chose, peut-être un commerçant du quartier ? Et cette femme qui promène son enfant dans la poussette, n’est-elle pas déjà passée tout à l’heure ?
J’avais dû être méthodique pour en avoir le cœur net. J’avais éteint la lumière crue de mon appartement puis tiré le rideau. Le fin voilage me protégeait des regards extérieurs. Seul face à la rue, je cherchais des visages familiers, des « Charlie » invisibles dans une foule de passants anonymes.
J’avais mis un moment à les repérer. Il ne suffisait pas d’observer, il fallait recouper. Dans le carnet qui servait habituellement à mes interviews, j’avais tenté de dresser un inventaire. Pour comprendre les allées et venues sur ce boulevard passant, je notais l’heure, une courte description du personnage et de son attitude. Pendant un long moment, rien ne m’apparut. Puis, il y avait eu ce SDF. C’était son troisième passage. Il passait un temps infini sur le banc jusqu’à se faire oublier, n’être plus qu’un objet dans le paysage. C’était commode. La femme à la poussette était sûrement avec eux également. Ils s’étaient échangé un regard, puis un imperceptible signe de tête. Elle avait pris le relai sur le banc.
Le plus inquiétant était cet homme jeune, sportif, baraqué, le crâne rasé, avec son vieux blouson à l’intérieur orange. Un gars qui assurément peu vous faire passer un sale quart d’heure si vous le regardez de travers.
J’avais repéré une quinzaine de personnes dans l’équipe. Leurs regards involontaires jetés vers ma fenêtre avaient forgé ma conviction. Ils étaient là pour moi.
Et le pire dans tout ça ? Je ne travaillais même pas en ce moment sur mon enquête la plus explosive. Juste une histoire de plainte pour agression sexuelle qui visait un politique. Business as usual auraient dit certains, pas de quoi faire trembler la République.
Alors ? Pourquoi moi et pourquoi maintenant ? Dans quel nid de guêpes avais-je mis le pied ?
C’est à ce moment que j’eus la désagréable impression que le type au Bombers avait décidé de passer à l’action. Il traversait la rue et s’avançait vers la porte de mon immeuble.
...
Podcast
Cette semaine, le podcast Double Vie accueille Pierre Léauté, auteur de la saga des Grands, de la série « Les Temps Assassins » et du tout prochain « Retour à Malataverne ».
Passant avec aisance de l’uchronie à la littérature générale, il nous explique comment il conçoit ses romans et pourquoi les genres littéraires ne sont pour lui qu’un outil pour servir ce qui lui importe, raconter des parcours de vie au travers de ses protagonistes.
Pierre m’a également fait l’honneur et l’amitié de me confier à un extrait de son prochain roman, pour vous en lire un extrait dans un épisode teaser de son interview Double vie : Retour à Malataverne, extrait.
🎧 À écouter sur la chaine YouTube Double Vie.
À retrouver également sur Apple Podcast et le site Double Vie.
La dose de flow
Musique
Allez, je vous partage aujourd’hui un de mes trésors, un morceau qui me rend heureux à chaque fois que je le redécouvre, lorsque je ne l’ai pas écouté depuis longtemps.
Ce morceau de 2007 est une reprise de Holidays de Polnareff, par Susheela Raman. Sa version est magique.
Susheela Raman est une chanteuse anglaise, d’origine indienne, qui a puisé ses influences dans la culture pop et dans les musiques traditionnelles indiennes. Sa voix est incroyable et sa présence sur scène est hypnotique. J’ai eu la chance de la voir en concert à la Maroquinerie, une petite salle, et c’était un moment totalement planant.
Voici Holidays, par Susheela Raman :
Inspiration
J’ai été fasciné par cette petite vidéo sur l’importance de la répétition en musique. La répétition semble paradoxalement permettre d’explorer la profondeur d’un morceau ou la subtilité d’un thème. Ce qui est intéressant c’est également que c’est la répétition qui permet la participation, de mémoriser et chanter un morceau et ainsi permettre les interactions entre l’artiste et son public dans les concerts.
Voici la vidéo, en anglais, mais avec sous-titres en français :
À suivre
J’ai bien avancé dans la nouvelle que je suis en train de reprendre. La structure est en place. Je passe maintenant sur la première lecture mot à mot, celle qui me permet d’ajuster chaque scène, de changer un peu l’ordre des phrases, de rajouter des petits détails pour l’harmonie de l’ensemble et d’alléger le tout.
J’espère franchir cette étape dans le week-end, avant d’attaquer, la semaine prochaine, la dernière relecture attentive, mot à mot également.
Je vous tiendrai au courant de mes progrès.
D’ici là, les ami•es, je vous souhaite un merveilleux week-end !
— mikl 🙏