Alors, comment se passe votre week-end ?
J’espère que la rentrée vous a été plaisante. Nous sommes dans cette période un peu étrange entre les vacances d’été, le break de la Toussaint, et la fin de l’année en vue. Une sorte de No man’s land temporel.
Mes réflexions forment une sorte de pont, une connexion entre mon précédent texte, Ciel de Plomb, et le suivant, Maudite IA.
Mon écriture a évolué. Je commence à comprendre le process. Écrire une fiction est travail de découverte progressive du sujet. Pourquoi est-ce que l’on écrit ça ? C’est la question clé.
Je ne parle pas de simplement comprendre le thème superficiel du texte, l’idée cool de départ, par exemple l’essor de l’usage des drones.
Je parle de découvrir le sens profond et souvent caché du texte.
Pourquoi est-ce que l’on écrit ça en réalité ?
Qu’est-ce qui nous pousse très loin au fond de nous même à guider les personnages dans telle ou telle direction ?
Quelle leçon de vie nous semble si fondamentale qu’elle nous pousse à écrire pendant des heures afin de la transmettre à nos personnages et donc à nos lecteurs ?
Lorsqu’on écrit, lorsqu’on a le nez sur notre clavier, on a du mal à le savoir nous même. C’est une sorte d’intuition qui nous guide dans une direction et que l’on doit valider.
C’est pour cela qu’écrire prend du temps, pas seulement du temps passé à noircir la page, mais aussi du temps pour laisser le texte infuser dans notre esprit.
J’écrivais auparavant une nouvelle en un ou deux jours. Maintenant, ce temps se compte en semaine.
Oui, je suis de plus en plus lent pour écrire une nouvelle, mais c’est parce que je les travaille beaucoup plus. Je m’intéresse au sous-texte. J’ai appris la patience, j’ai appris qu’il faut vivre un moment avec son texte pour le laisser grandir. Chaque jour, je note de nouvelles idées. Tel personnage doit agir comme ça ou tel autre ne peut pas accepter de faire ça. Surtout, je réfléchis au sens du texte. De quoi est-ce que cette histoire parle vraiment ?
En pratique, une fiction s'écrit à deux, dans une collaboration entre soi et son inconscient.
Pour Ciel de Plomb je suis plutôt fier. Les lectrices et lecteurs ont perçu le thème immédiatement. Dans les retours que j’ai reçus, ils/elles ne se sont pas arrêtés aux drones. Ce qui reste, c’est la question du changement et de ses différents niveaux. Le changement du monde, l’évolution personnelle de nos propres aspirations et, entre les deux, le décalage entre notre vision du monde et des autres générations. Chaque génération est élevée dans un contexte différent et donc développe un modèle mental du monde différent, c’est dans la nature des choses.
Rien dans notre éducation ne nous prépare au changement. Le changement est naturel, mais il reste une des choses les plus compliquées à admettre. C’est ce que découvre Vince dans Ciel de Plomb. Le changement est partout, mais on ne le voit que lorsque l’on se pose pour regarder autour de nous. Soudain, on s’aperçoit que tout a changé. Lorsque cette réalisation survient, c’est le moment où l’on se pose la question : que veut-on faire de notre vie ? Et à la fin de l’histoire, ce qui était un renoncement n’en est peut-être plus un.
Podcast
La semaine dernière, j’ai publié le premier épisode de la saison 3 de Double Vie avec Catherine Loiseau, à écouter dès maintenant.
La semaine prochaine, je reçois Clément Bouhélier, expert en référencement web et surtout romancier dans le domaine de l’imaginaire. Il a déjà publié six ouvrages, et son septième, le troisième épisode de la série Olangar sort en novembre prochain.
🎧 À écouter sur la chaine YouTube Double Vie.
À retrouver également sur Apple Podcast et le site Double Vie.
La dose de flow
Musique
Je n’avais jamais vraiment prêté attention aux paroles de I Will Survive de Gloria Gaynor. La musique est entrainante, tout le monde a déjà fait la fête sur ce morceau. Je n’avais pas réalisé que ce morceau abordait le thème des relations conjugales toxiques et de l’emprise.
La version de Ben Mazué et Guillaume Poncelet, en français, nous donne l’occasion de l’apprécier sous un autre angle. Magnifique !
Inspiration
Je suis tombé par hasard sur cette interview croisée de Michel Audiard et de Bertrand Blier. J’aime les grands artistes qui ne se prennent pas trop au sérieux. Un régal !
À suivre
Je pars en retraite d’écriture dans deux semaines avec un groupe d’auteurs et d’autrices. Nous serons basés à Épinal pour participer au salon Les Imaginales. Je vous avoue que je suis impatient. Ce sera l’occasion pour moi de rencontrer en vrai (IRL comme on dit) beaucoup des personnes formidables que j’ai interviewé pour Double Vie… Et bien d’autres encore, la liste des invités est impressionnante.
D’ici là, je pense que j’aurai terminé par prochaine nouvelle et peut-être que vous l’aurez alors entre les mains.
Je vous souhaite un merveilleux week-end !
— mikl 🙏