Alors, comment se passe votre week-end ?
Pour moi, j’y entre libéré. Je me sens plus léger, déchargé du poids de la sidération des dernières semaines, libéré de l’addiction aux infos qu’elle provoque.
Être libre, c’est choisir où notre attention se pose. La méditation m’aide quotidiennement à oublier, vider l’esprit, récupérer notre capacité de concentration. Surtout, enfin, j’ai pu apercevoir un nouvel horizon, au-delà des murs de notre appartement. La lecture est un moyen d’évasion, mais lorsque votre cerveau est bombardé de stimuli, elle n’aide pas à regagner le contrôle de son attention.
Pour maîtriser son focus, il faut créer. La création est un processus actif qui fait disparaitre le monde autour de mous. Les barrières disparaissent, les contraintes s’allègent. Reste alors la liberté d’évoluer dans un univers qui fonctionne selon nos propres règles.
Créer, c’est avant tout rêver, ignorer la réalité autour de soi, changer de point de vue, voir autrement.
Ce matin, je me voyais me réveiller avec ma famille, dans un vaisseau qui va coloniser Mars. Comme chaque jour, je me lève et je sais que tant que le voyage n’est pas fini, mon environnement se limitera à nos quartiers. Les provisions sont là et ne manqueront pas. Tout le monde est de bonne humeur, conscient que le voyage va durer, et que nous ne savons pas ce que nous trouverons vraiment à l’arrivée. Chacun accepte la contrainte, car cela fait partie du voyage. Pas question de sortir, nous ne pourrions pas respirer dehors. Alors, chacun vaque à ses occupations. Cuisiner, faire sa séance de sport sur le rameur, dans l’espace qui nous est réservé. Lire, regarder des films, mais aussi travailler et écrire. Regarder par la fenêtre et voir le ciel, tel que le renvoient les écrans géants haute résolution de notre appartement VIP, petit espace dans ce grand navire spatial.
La semaine est rythmée par les appels vidéo à nos proches, nos amis. Certains sont dans d’autres vaisseaux que le nôtre et voguent vers la même destination. D’autres sont restés sur terre. On rit, on s’amuse, on partage nos impressions, comme au bon vieux temps.
Le calme et la sérénité me gagnent. Nous ne manquons de rien et nous savons pourquoi nous sommes là, embarqués dans ce voyage. Porter l’espoir. Chacun y tient sa place. Chacun de nous y à un rôle à jouer. Enfermés, mais si libres.
Ce voyage est un rêve, un mythe et peu importe. Les croyances ne sont que des artifices pour nous aider à comprendre — ou à accepter — le monde autour de nous. Dynamiques, elles doivent évoluer sans cesse pour nous aider à vivre. Peu importe notre conviction, chacun utilise sa croyance, comme un modèle mental, un moyen de construire un monde à son image, un monde qui lui fait du bien.
Nous vivons la vie que nous voulons vivre. Nous imaginons notre histoire et nous laissons notre esprit la contrôler, tant bien que mal. Cette période est-elle finalement si différente des autres ?
Au centre de ma cabine, j’ouvre la « fenêtre ». Une petite brise me caresse le visage. Ma femme me prend par la taille. Le toucher donne corps à ma vision. Tout semble si réel.
Ai-je vraiment rêvé ce matin ? Je n’en suis même plus sûr.
La dose de flow
Sur mon blog
Cette semaine, je parle de l’important du mot, dans la recherche du vrai : Du culte de l’image à la quête de l’authentique.
Dépaysement
Pour les amateurs de science-fiction, j’ai trouvé les quatre courts romans de Martha Wells Journal d’un AssaSynth très agréable : Journal d’un AssaSynth, tome 1 : Défaillances systèmes.
Musique
Mon coup de cœur cette semaine est morceau de Gregory Porter. Cet artiste passe allègrement du jazz à la soul. Pour démarrer le week-end avec la pêche, je recommande sa « Revival » song.
À suivre
Plus que jamais, l’écriture fait maintenant partie de mon quotidien. Cette semaine, je me suis lancé dans des ateliers d’écriture, à distance, forcément.
Je suis très intimidé, mais aussi passionné par les discussions et les échanges. J’y trouve ce que je recherche, je continue à ressentir le bonheur de la connexion et du partage. Notre cercle s’élargit, mes mots résonnent différemment. Mon premier atelier consiste à écrire des textes pensés pour être lus à voix haute, dans le cadre d’un podcast.
Alors, je découvre une autre dimension un autre potentiel pour l’écrit. Le texte devient vibration.
Je continue à apprendre tous les jours, alors, merci de continue à rebondir sur ces lettres, merci de continuer à partager vos sensations, vos retours. Vos petits mails m’aident à avancer.
J’ai partagé mon rêve aujourd’hui. Et vous, de quoi avez-vous rêvé ?
— mikl 🙏