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infrastructures & fictions
Le Flow 62 24 avril 2021 4 min de lecture

#Alive

Où je vous parle de zombies, de Bob Marley et d’Éric Piedoie Le Tiec.


Alors, comment se passe votre week-end ?

Pour moi, c’est cinéma ce soir (même si vous me lisez ce samedi matin).

Quoi de mieux qu’un film de zombies pour clôturer l’épidémie ?

C’est vrai, j’ai entendu le Premier Ministre cette semaine. Il nous a dit à nouveau que le pays revenait à une situation normale. La vie peut reprendre son cours.

Et puis, je suis seul ce soir. Catherine est prise par son travail, les enfants sont tous occupés.

Pour fêter ça, je regarde « #alive », film coréen, comme « Le Dernier Train pour Busan ». Les Coréens se sont bien appropriés le genre.

Car, c’est ça le truc avec les films de zombies. Ils sont prévisibles. C’est un genre, qui a ses codes. On n’est jamais vraiment perdu avec eux. Je parle du scénario, mais aussi des zombies eux-mêmes. Ils sont à la fois totalement flippants et rassurants. Cette imprévisibilité les distingue des humains, non ? Cela veut dire qu’ils ne le sont plus. Ils sont devenus autre chose. Le mal, malgré eux.

Rassurants aussi, parce qu’on les reconnait immédiatement. Ils marchent en titubant, leurs corps blessés et décomposés, sanguinolents les signalent de loin. Il y a quand même cette fameuse phase d’incubation sur laquelle jouent tous les scénaristes. Dilemme et méfiance à chaque rencontre. Tout le monde peut être, pour un temps, un zombie qui s’ignore. Un autre problème ? Ils sont nombreux. Ils se regroupent, et ils sont capables de pointes de vitesse qui nous font sursauter de contentement sur notre canapé. Ils bondissent, nous tressaillons. Basique.

Et puis les dialogues sont simples. Les zombies ne parlent pas. Pas de prise de tête, de l’action, droit au but. Ce qui compte, c’est toujours la survie, face à un nombre toujours plus grand d’« infectés ».

L’image se fige, encore. Le DVD doit être rayé. Je mets une petite tape sur le lecteur et le film reprend.

Il a un air de déjà vu. Mes pensées vagabondent. J’avoue que je m’inquiète un peu de ne pas avoir de vos nouvelles, mais vous êtes surement très occupés, comme moi. On verra samedi. Ce confinement qui ne dit pas son nom s’étire et dure. Le frigo se vide et chacun doit se débrouiller pour trouver à manger. C’est vrai que cela complique les journées.

Le générique du film me rappelle à la réalité. J’ai passé une bonne soirée. En marchant dans l’appartement vide, je souris. Ou je pleure, je ne sais pas. J’ai encore oublié, pour un soir, qu’ils ne reviendront pas.

Thomas Pesquet fête son 119e jour dans l’espace. Que j’aimerais pouvoir lui parler ! Moi, je fête seul ma soirée dans ce monde devenu désert.

Thomas Pesquet et moi, nous avons une saine relation. Le Dernier Homme dans l’espace fait un clin d’œil au Dernier Homme sur terre.

Je termine la vaisselle et avant d’aller me coucher. Demain, je regarderai encore ce DVD usé jusqu’à la corde. #Alive. Quoi de mieux qu’un film de zombie pour fêter le dernier jour de l’épidémie ?


Si vous me lisez, c’est que je me suis trompé. Nous ne sommes pas seuls, Thomas Pesquet et moi.

Une lettre comme le Flow se prête bien au petit jeu du journal fantastique, à la première personne, où la réalité bascule progressivement dans le surnaturel.

Nous avons vraiment vu un film de zombies, #alive, hier soir. L’idée de cette lettre m’est venue dans mon sommeil. Je me suis levé pour l’écrire, pour pouvoir me rendormir.

Ce film a dû travailler mon inconscient. Il résonne dans ma culture des « Derniers Hommes ». J’avais été marqué par le film « Je suis une Légende », mais certainement aussi par le dernier livre que j’ai lu, « Le Crépuscule de Briareus », qui traite également de survie collective. Et bien sûr, on retrouve ce thème, traité dans la chanson sous l’angle de la prise de conscience écologique, chez les Cowboys Fringants (Plus rien), Mickey3d (Respire) ou Demago (5 dernières minutes).


Podcast

Cette semaine, le podcast Double Vie accueille Julien Simon. Julien est directeur éditorial de Rocambole, un éditeur de séries littéraires qui distribue son contenu au travers de sa propre application. Il nous parle de son parcours, de création et de sa passion pour la narration et les histoires bien construites.

Double Vie - Julien Simon

🎧 À écouter sur la page Double Vie.

À retrouver également sur Apple Podcast.

Sur mon blog

J'ai publié un petit billet, cette semaine: J'avais la trouille de lancer un podcast, qui raconte, comment et pourquoi je me suis finalement motivé pour lancer le podcast Double Vie.

La dose de flow

Musique

Je parlais de « Je suis une Légende », avec Will Smith. Le film se termine avec le merveilleux titre de Bob Marley, Redemption Song, un de mes morceaux préférés.

Ce titre est d’une simplicité et d’une beauté universelles, The Song of Freedom, la Chanson de la Liberté.

Bob Marley & The Wailers - Redemption Song

Inspiration

Une inspiration légère cette semaine, avec la découverte de cette personnalité incroyable, qui parle de son activité de faussaire. Éric Piedoie Le Tiec a trompé les marchands d’art pendant des années, grâce à une grande maitrise de la peinture et une bonne compréhension des artistes et du marché de l’art, avant d’être démasqué et de faire de la prison.

Éric, le pirate de l’art

À suivre

J’espère que cette lettre ne vous aura pas trop stressés 😊. C’est un petit clin d’œil également à Orson Welles causant une panique en lisant La Guerre des Mondes à la radio sur CBS en 1938.

Alors, faites un test, sortez, et vous devriez voir pas mal de gens (masqués) dehors.

N’hésitez pas en tout cas à m’envoyer un petit message pour signaler votre présence, et me rassurer 😉

Je vous souhaite un merveilleux week-end !

— mikl 🙏

Le Flow — la lettre

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Toutes les deux semaines, je partage le Flow : mes textes de fiction en avant-première, mes réflexions sur l'écriture, et ce que trente ans dans les infrastructures m'apprennent sur la technologie.

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