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infrastructures & fictions
Le Flow 17 13 juin 2020 3 min de lecture

Histoire de slips

Petit défi d’écriture loufoque cette semaine, une histoire de slips. Je vous parle aussi de Rodrigo y Gabriela et de Quentin Baillieux.


Alors, comment se passe votre week-end ?

Je me sens d’humeur joueuse cette semaine, alors, pourquoi ne pas nous lancer un petit défi créatif ? Dans un récent atelier podcast, j’ai travaillé sur un sujet décalé, dont voici l’énoncé :

Vous vous promenez sur une petite route caillouteuse, le long d'un champ. Vous jetez la balle au chien. Il court l'attraper. Il ne revient pas. Vous le voyez qui gratte à l'endroit où la balle a atterri. Il est très concentré, il grogne et creuse la terre. Vous vous approchez, le chien se retourne avec un slip dans la gueule. À ses pattes, un trou avec un tas de slips qu'il vient de déterrer.

Que s'est-il passé ? Que va-t'il se passer ?
À vous d'inventer l'histoire, de mener l'enquête.
Usez de flair et d'imagination !

Cela vous inspire ? N’hésitez pas à prendre la plume et tenter de rassembler des idées avant de lire la suite.

Pour le plaisir, voici ma première interprétation du sujet.


Fier de sa trouvaille, Clovis tournait en aboyant autour de ce trou rempli de slips. J’en soulevais quelques-uns de la pointe de ma canne. Il y a en avait de toutes tailles et de toutes couleurs, pour les deux sexes.

Les slips étaient dans des états de décomposition différents. Pour certains, il ne restait plus que l’élastique autour de la taille et un squelette de tissu. D’autres étaient encore presque intacts. Plus intriguant encore, certains slips semblaient avoir été peints, brodés. D’autres étaient découpés dans des matières étranges : sac en plastique, toile de jute, tissu d’ameublement.

Je lançais un regard circulaire. Rien à l’horizon. Pas une habitation. En plein milieu des terres agricoles, l’endroit était désert. Pourtant, le champ semblait avoir été parcouru de nombreuses fois. Des traces de pas convergeaient vers l’amas de tissu. Rien d’autre que du tissu.

Un rituel. Ces culottes semblaient être une offrande. Que recherchaient les dévots ? Fertilité ? Prospérité ?

Alors, que je m’avançais sur le terrain pour trouver d’autres indices, Clovis s’agitait à nouveau. Je scrutais le sol. Il grattait, bondissait, jappait. Le frisson de l’aventure le reprenait lui aussi.

Je m’attendais à trouver des résidus de cire, de bougie, formant un pentagramme. Peut-être des ossements, d’animaux, évidemment. Je frémissais.

Une minuscule branche tordue plantée dans le sol attira mon attention. Je plantais ma canne à ce point précis. Bruit métallique. Je dégageais facilement une petite boite métallique, recouverte d’une fine couche de terre. C’était une caisse qui sert parfois aux commerçants et aux associations à trier leur monnaie. Elle n’était pas verrouillée. Je l’ouvrais en retenant mon souffle.

À l’intérieur, je trouvais une pile de prospectus :

1re Fête du Slip de Vinsobres
Vente de slips customisés par des artistes du collectif « À poil ! »
Le produit de la vente financera la réfection du monument aux morts, en l’honneur de nos poilus.

Au fond de la boite, un message manuscrit : « Heureux ceux qui lancent des projets culottés, sans se soucier de la peur de l’échec. »


La dose de flow

Sur mon blog

Lorsqu’on regarde l’informatique comme une industrie, on y voit un secteur fermé, tenu par des sociétés géantes. Pourtant, en y regardant de plus près, l’esprit libertaire a toujours soufflé sur le secteur, en marge, porté par des créatifs. Dans mon dernier blog post, je raconte une belle anecdote qui permet de mieux saisir cet état d’esprit :

➡️ Utopies numériques

Court métrage

J’avais parlé il y a quelque temps du film Le Mans 66 : Leçons de conduite. Ce court métrage d’animation remonte encore plus loin dans le temps. Il relate la course et le drame survenu en 1955. Il nous rappelle combien ces épreuves sont des aventures extrêmes, dans lesquelles les pilotes, et parfois le public, risquaient leur vie. Une histoire humaine, traitée avec poésie :

LE MANS 1955 - Court métrage d'animation de Q. Baillieux

Musique

J’ai réussi à résister 17 semaines avant de partager un morceau de Rodrigo et Gabriela, un de mes groupes préférés, mais on y vient. Leur approche est simple. Deux guitares acoustiques. Gabriela se concentre sur la rythmique et la percussion, Rodrigo joue les mélodies et les solos. Pour compléter la recette, ils y mélangent sonorités hispanisantes et inspiration électrique dans le choix des reprises et des compositions. Voici, une reprise de Metallica, Orion, enregistrée en confinement.

Rodrigo y Gabriela - Orion (Lumbini Sessions)

À suivre

Merci de me lire aussi régulièrement avec tant d’assiduité. Merci infiniment pour tous vos retours.

Comme vous vous en doutez, après mes questions de la semaine dernière sur le podcast, je suis très tenté de me lancer dans ce domaine. J’ai plusieurs thèmes en tête, dont un donnant la parole aux écrivains pour parler de leur écriture, de leur processus artistique et de leur mode de vie créatif.

Malgré le fait que je sois terrifié par l’exercice, j’avance dans la préparation. Nouvelle aventure à suivre.

Je vous souhaite un merveilleux week-end !

— mikl 🙏

Le Flow — la lettre

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Toutes les deux semaines, je partage le Flow : mes textes de fiction en avant-première, mes réflexions sur l'écriture, et ce que trente ans dans les infrastructures m'apprennent sur la technologie.

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